Odile et Jacques

Odile et Jacques
Odile et Jacques

samedi 30 juin 2018

Du vendredi 22 juin au lundi 25 juin 2018 : RHU MARINA – BRODICK BAY (ARRAN ISLAND) – SANDA ISLAND – PORT ELLEN (ISLAY ISLAND) (26M, 30M et 25M)


Le baromètre est remonté en fléche hier de plus de 20mbars ; soleil et quelques nuages.
Départ de bonne heure ; de l’animation dans le chenal, des ferries, un cargo et deux bateaux militaires ; l’un teste sa lance à eau, on se dépèche de quitter la zone au moteur.
Il faut arriver à Bute island pour retrouver du vent (travers, force 4 à 5) ; on trace jusque l’île d’Arran et on prend une bouée gratuite dans Brodick Bay.


                         En toile de fond, le majestueux Goat Fell

Une bouée, c’est bien mais le débarquement n’est pas vraiment prévu ; on amarre notre annexe à un anneau du slipway, en sachant que la mer monte et qu’il ne faudra pas tarder à revenir...

Les bus passent toutes les deux heures et demie ; 





la promenade vers le Brodick Castle sur un sentier du bord de mer est très agréable mais on reviendra en stop.













Héron cendré














Dans les arbres, se cache le château...








Brodick Castle, ce château de grès rouge a été construit au XIII° siècle et fut plusieurs fois remodelé et agrandi. Depuis le XVI° siècle, il est la propriété des ducs de Hamilton qui ont fait de cette forteresse, une maison d’habitation décorée d’œuvres d’art.
Le château est en cours de rénovation et ne se visite pas en ce moment.









Brodick Castle













Le jardin clos, aménagé en jardin à la française














Iris sauvage





























On a décidé de contourner la péninsule de Kintyre par le Sud, plutôt que de la traverser par le canal Crinan ; il faudrait être au moins trois à bord pour passer et manœuvrer les écluses (mais il est possible de payer un accompagnateur) et surtout notre tirant d’eau est limite.


Samedi, temps nuageux ; on doit attendre d’avoir passé l’île d’Arran pour trouver un vent établi (près, force 4 devenant 3, génois demi-enroulé, mer peu agitée), le vent tourne progressivement, notre route s’incurve sans qu’on ait besoin de louvoyer avant l’arrivée sur Sanda Island, au Sud de la péninsule de Kintyre. 








Un joli mouillage sur une île privée.









Il faudra attendre la marée descendante pour passer le chenal entre l’Irlande et l’Ecosse.
Dimanche, départ à 8H30 avec le courant (de 1 à 2,5 nœuds) ; grand soleil, pas un souffle, mer plate, on se prépare à une journée au moteur.
Des vagues au passage du Mull of Kintyre puis la mer se calme ; amarrage à Port Ellen, dans l’île d’Islay ; un seul ponton possible, les places sont chères et on n’a que 50cm sous la quille à marée basse (20£, peu de services, WiFi qui ne fonctionne pas).







Port Ellen









L’île d’Islay est renommée pour ses whiskies tourbés ; Jean Michel devait nous servir de guide, mais les aléas de la navigation nous ont fait y arriver trop tôt ou trop tard pour y revenir...


Le Malt Whisky est l’élite des whiskies, essentiellement fabriqué dans les Highlands écossais ; le malt est le nom donné à l’orge germée.
On distingue le single malt (100% d’orge maltée, provenant d’une seule distillerie) et le pure malt (100% d’orge maltée, mélange de plusieurs single malt de différentes distilleries) ; dans ce dernier cas, l’année inscrite sur la bouteille correspond à celle du whisky le plus jeune.
Le titrage doit être au minimum de 40° ; un tonneau trop vieux qui a donné leur part aux anges, doit être mélangé avec un whisky plus jeune pour remonter son taux en alcool.
Le whisky peut légalement être vendu au bout de trois ans, mais la maturation est généralement plus longue et peut durer plusieurs dizaines d’années.

Quant au Blended Whisky, il ne contient que très peu de malt whisky mélangé à de l’alcool de blé ou de maïs.

De Port Ellen, un très joli sentier côtier mène à trois distilleries :









une tourbière














en bord de mer,












un abri de pierres et des moutons.
























Distillerie Laphroaig,  une des seules en Ecosse avec Bowmore à produire une partie de son malt.







Le lendemain, on prend le bus scolaire jusque Bowmore.










La distillerie Bowmore fondée en 1779, produit la moitié de son malt.














L’eau de la rivière Laggan sert à faire le Bowmore Islay Single Malt Whisky;








la Laggan parcourt un long chemin depuis sa source jusqu’à la distillerie traversant des tourbières, des zones sablonneuses et des zones herbeuses qui toutes, influent sur la composition de l’eau et du whisky produit avec cette eau ; 40 000 litres d’eau sont utilisés à chaque brassage.







Séchage








Le malt est séché afin d’arrêter sa germination, chauffé et fumé dans un four alimenté avec de la tourbe, ce qui lui donne une odeur et un goût fumé ; Bowmore brûle la tourbe des tourbières de Laggan Moss et a réduit sa consommation de 18 tonnes à 2 ou 3 tonnes par semaine en la broyant.









Mouture 











Le malt séché est apporté au moulin où il est nettoyé avant d’être moulu ; les premiers rouleaux cassent la graine, et les seconds les broient en farine, le « grist ». Le broyeur de Bowmore traite 8 tonnes de malt en seulement trois heures.







Brassage








La « mash house » est l’endroit où l’amidon de la graine est hydrolysé en sucre ; c’est lui qui se transformera en alcool.
Le grist est mis à macérer dans trois bains d’eau à température croissante (63,5°, 85° et 100°) pour extraire autant de sucre que possible et augmenter ainsi le degré d’alcool ; le troisième bain sera réutilisé comme première eau pour le lot suivant.
Le produit du brassage est un liquide sucré appelé « moût ».
En fin de brassage, le résidu solide est de l’ordre de 8 tonnes d’enveloppes d’orge ou « drêche » ; c’est un mets très apprécié du bétail des fermes avoisinantes.









Fermentation








Le moût est pompé dans de grandes cuves appelées « washbacks », où on ajoute de la levure et la fermentation commence. Sous l’action de la levure, le sucre se transforme naturellement en alcool. Le liquide alcoolisé obtenu qui est comme une forte Malt Beer, est appelé « wash » (7,5 à 8% d’alcool).
A chaque brassage, 100 kg de levure sont ajoutés ; une fois lancée, la fermentation produit des bulles de gaz carbonique et de l’écume en grandes quantités.







Distillation








La « Still house » est le cœur de la distillerie.
La distillation est le procédé qui consiste à faire bouillir le liquide et à condenser les vapeurs qui en résultent en séparant les alcools. Bowmore a deux « wash stills » (première séparation grossière) et deux « spirit stills » (deuxième distillation, plus fine). 
La vapeur d’alcool passe par le col de l’alambic, puis le long du col de cygne qui relie le haut de l’alambic au condenseur où elle est transformée en alcool liquide.
Chaque production donne environ 4 800 litres de distillat.







Coffre à alcool








Après chaque distillation, le distillat passe par le « spirit safe » afin de contrôler la qualité de l’alcool et de mesurer son degré alcoolique ; celui de Bowmore date de 1920.
Après la deuxième distillation, le « middle cut » est recueilli pour remplir les fûts, tandis que la tête et la queue seront de nouveau distillées ; le distillat, clair comme de l’eau, titre un degré d’alcool de 69%, mais de l’eau purifiée permet de réduire ce degré à 63,5%. 







Maturation









La maturation est la dernière étape de la fabrication du whisky mais c’est aussi une des plus importantes.
Les caves légendaires « N°1 Vaults » de Bowmore constituent le plus ancien entrepôt de maturation d’Ecosse et le seul à être situé sous le niveau de la mer.
Le Whisky pure Malt est trop délicat pour vieillir dans des fûts de chêne neufs, et c’est pourquoi on utilise des fûts anciens ; les fûts de bourbon américain donnent au whisky son goût caractéristique de vanille ; les anciens fûts de sherry lui donnent leur goût de cerise, un corps plus robuste et une belle couleur ambrée. 








Bouteille en cristal taillé de Bowmore Islay Single Malt Scotch Whisky de 1957.
















Dégustation de trois « drams » de whisky chacun ; rassurez-vous, on ramène sur le bateau ceux qu’on n’a pas pu boire !










Une visite intéressante,  heureusement agrémentée de panneaux explicatifs !









Le petit port de Bowmore ; au fond, l’église ronde pour que le diable ne puisse pas se cacher dans un coin !












Islay Woollen Mills : cet ancien métier à tisser est toujours en activité ; ses tartans ont servi à habiller Mel Gibson dans Braveheart.













Phoques à Portnahaven, merci Jean Michel !













1 commentaire:

  1. entre le Whisky et le Rhum les anges ont plus que leur part ! Pas étonnant qu'ils ne soient jamais là quand on les appelle...
    bizzz

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