Odile et Jacques

Odile et Jacques
Odile et Jacques

mercredi 30 mars 2016

Du jeudi 3 mars au lundi 7 mars 2016: SOURE (ILE DE MARAJO, BRESIL) – CAYENNE (GUYANE, FRANCE) (525M)

J1 : Jeudi 3 mars
Départ de bon matin après un dernier « Au revoir » à Orionde ; nous remontons l’ancre qui se décroche facilement mais le guindeau disjoncte en fin de course ; sortie du rio Paracauari  et entrée dans le rio Para.
C’est alors qu’on se rend compte que les batteries ne se chargent plus ; Jacques remplace le fusible du chargeur qui a fondu, on lui a sans doute trop demandé en remontant le mouillage...
On zigzague pour éviter cinq filets qui dérivent au milieu du rio, certains de justesse ; cela nécessite une veille soutenue et surtout permanente...
Après la pluie, le soleil se montre ; vent de face et un peu de houle, un peu de courant favorable, on avance assez bien jusqu’à la renverse ; croisement de deux cargos dans la porte d’entrée et arrivée à la bouée d’atterrissage en milieu d’après-midi.
Ensuite, il faut mettre le cap au Nord afin d’éviter le plateau au débouché de l’Amazone et le vent NNE n’arrange pas nos affaires.

On louvoie entre les barques de pêche avant de réussir à faire un bon cap en les laissant toutes sous le vent (près, force 4 à petit 5, mer peu agitée, deux ris et génois déroulé) ; on n’avance pas, surtout quand le courant est contraire, le bateau tape dans les vagues.







Coucher de soleil, ciel pommelé










Au milieu de la nuit, on demande à un cargo de se dérouter.
Nouveau passage de l’équateur, on rentre chez nous !
Petit grain puis nuit étoilée, orage sur la côte.

Bilan J1 
Position : 00°37.09 N ; 47°47.81 W.
Route : 100M, il en reste 450.
Moteur : 10H
Bilan énergétique : 2H de groupe électrogène au départ ; on a bien chargé la journée mais beaucoup consommé la nuit .
Pêche : les traînes n’ont pas été mises à l’eau.

J2 : Vendredi 4 mars
Beau temps qui se couvre ensuite ; on avance au gré des marées et des courants, c’est à dire pas très vite ; on largue nos ris (près à bon plein, force 3 puis 4) et on évite encore quelques pêcheurs et leurs filets ; beaucoup de poissons morts au sortir de l’Amazone. 
Le vent tombe puis revient l’après-midi (près, force 4), on reprend un ris ; grains sans trop de vent mais avec beaucoup de pluie ; deuxième ris avant la nuit (force 5), on marche mieux. Visite de quelques dauphins.
Le courant nous pousse vers l’Ouest ; on ne fait pas tout à fait du Nord, mais on suit la ligne des 50 mètres.
Nuit tranquille, pas de grains, peu de pêcheurs, les cargos croisent à babord sur la ligne des 20 mètres ; étoiles et plancton luminescent.

Bilan J2
Position : 02°14,95 N ; 48°19,43 W.
Route : 100M, il nous reste 350M, sans doute un peu moins, car on a pris un raccourci !
Moteur : pas de moteur
Bilan énergétique : équilibré, on charge la journée ce qu’on a déchargé la nuit précédente.
Pêche : traînes au repos.

J3 : Samedi 5 mars
Bon anniversaire Antoine !
Petit grain puis soleil ; bon vent (près, force 5, deux ris et demi génois, mer peu agitée), Thira avance bien avec l’aide du courant Nord équatorial ; des bancs de poissons volants nous accompagnent.
Grosse zone nuageuse en fin d’après-midi, plusieurs grains ; on ralentit pour en éviter un.
Belle nuit, beaucoup d’étoiles, Orion, Croix du Sud, Grande Ourse et deux étoiles filantes ; quelques petits grains quand même.
Trois tankers qui font route vers les USA, nous dépassent.
Bon vent (près puis bon plein, force 4 à 6, mer peu agitée, deux ris et mi-génois) ; au lever du jour, on file à plus de 9 nœuds, des vagues submergent le pont, on enroule le génois et on commence à abattre un peu.

Bilan J3
Position : 04°23,33 N ; 49°51,57 W.
Route : 160M, il en reste 165 pour Cayenne.
Moteur : pas de moteur 
Bilan énergétique : légèrement déficitaire
Pêche : pas de pêche.

J4 : Dimanche 6 mars
On avance toujours très bien (largue, force 5, deux ris et un bout de génois), à plus de 9 nœuds, la houle est moins désagréable.
Hydrogénérateur et panneaux solaires fonctionnent à fond, les batteries sont chargées ; dessalage d’eau de mer peu fructueux.
A l’heure du déjeuner, le moulinet cliquette à toute vitesse ; un très beau poisson saute à la verticale, replonge et arrache l’hameçon, dommage...
On quitte bientôt les eaux brésiliennes pour les eaux françaises ; il faudra enlever le drapeau quand la mer sera plus calme.
On enroule le génois puis on borde la voile au grand largue, afin de ralentir un peu et ne pas arriver à Cayenne de nuit.
En début de nuit, on lofe pour éviter un premier pêcheur, puis on abat pour en éviter un deuxième ; les pêcheurs guyanais ont un AIS et, en principe, pas de filets dérivants parce qu’ils sont interdits en France.
A 3 heures de matin, on se met à la cape près de la bouée d’atterrissage de Cayenne : on hésite encore à aller à Degrad des Cannes ou à Kourou à qui nous avons envoyé un mail hier soir.

Bilan J4
Position : proche entrée Cayenne.
Route : 145M en 20 heures, 7 nœuds de moyenne malgré nos efforts pour ralentir ; il reste environ 20M pour Degrad des Cannes.
Moteur : pas de moteur
Bilan énergétique : légèrement positif, mais on a déchargé en fin de nuit.
Pêche : bredouille...

J5 : Lundi 7 mars
Pas de réponse de Kourou, ni de Cayenne d’ailleurs...
Nous démarrons vers 8 heures par un bord de vent arrière, avant de mettre le moteur pour entrer dans le chenal d’accès au fleuve Mahury ; bien balisé, il chemine entre les îlots du Père et de la Mère, puis entre les bancs de sable, le sondeur indique 2,7 mètres, mais le dragueur anglais nous certifie 5 mètres.






On arrive sans encombre au ponton de Degrad des Cannes qui sert de marina à Cayenne ; 








beaucoup de courant, on s’amarre d’abord à la place de la vedette puis à couple d’un voilier. On retrouve plusieurs bateaux français rencontrés à Joao Pessoa.
Electricité et eau sur le ponton ; désormais, on aura droit à une douche tous les jours.
Cela fait plaisir de trouver ici, de l’autre côté de l’Atlantique, un petit bout de France !

Bilan J5
Position : Dégrad des Cannes
Route : 20 Miles, un record !
Moteur : 3,5 H
Bilan énergétique : équilibré
Pêche : RAS.

Cette navigation, un peu stressante et agitée au début, s’est bien passée et la dernière nuit a été plus reposante ; peu de grains et de pluie, des pêcheurs mais plus de filets dérivants...
En double, la priorité est de faire marcher le bateau, puis de manger et surtout de dormir, quelle que soit l’heure ; on s’est aussi un peu économisés en le sous toilant .

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