Odile et Jacques

Odile et Jacques
Odile et Jacques

jeudi 11 février 2016

Du vendredi 22 janvier au mardi 2 février 2016 : EXCURSION en AMAZONIE

Après deux mois de vacances, rentrée des classes pour les petits Brésiliens.
Nous prenons l’avion pour Manaus, au cœur de l’Amazonie ; les premiers explorateurs, comparant la combativité des femmes aux seins nus d’une tribu matriarcale  avec celle des Amazones de la mythologie grecque, lui ont donné son nom !

L’AMAZONIE
Le bassin amazonien, avec une surface de 12 fois la France, s’étend sur 9 pays ; au Brésil, il occupe le tiers du pays.
Il est drainé par l’Amazone, premier fleuve au monde par sa puissance, deuxième par sa longueur (6 570km), qui constitue la plus grande réserve d’eau douce de la planète.
L’Amazone coulait d’Est en Ouest, jusqu’à la formation de la cordillère des Andes, il y a environ 15 millions d’années ; l’eau forma alors une vaste mer intérieure avant de se frayer un passage vers l’Atlantique, d’Ouest en Est.
La forêt amazonienne, la plus grande forêt tropicale humide du monde, est considérée comme « le poumon » de la planète ; elle est riche d’une grande biodiversité, avec 5 0000 espèces de plantes, 2 500 espèces de poissons et un nombre infini d’insectes. Le cinquième de sa surface a été déboisée par les agriculteurs, les bûcherons, les orpailleurs et les compagnies minières, mais cette déforestation tend heureusement à s’atténuer.

L’Amazonie est très peu peuplée, hormis les deux villes de Manaus et Belém ; par le passé, les Amérindiens ont été expulsés de leurs territoires, soumis à l’esclavage, décimés par les maladies, voire exterminés ; actuellement, de nombreuses tribus amérindiennes  vivent dans des territoires désormais protégés, les « Terras Indigenas », conservant leurs coutumes et leur mode de vie en osmose avec la nature ; ils forment la Nation amérindienne, avec leurs propres lois et leur propre langue le tupi guarani, sous l’égide de la FUNAI, Fondation Nationale de l’Indien. Il existerait encore des communautés isolées, sans aucun contact avec le monde extérieur. 

MANAUS
La capitale de l’état d’Amazonie, est une ville de deux millions d’habitants au milieu de la jungle ; on ne peut y accéder que par bateau ou par avion.

Elle s’est développée à la fin du XIX° siècle lors de l’éphémère « boom » du caoutchouc, induit par le développement de l’industrie automobile ; le Brésil assure alors 80% de la production mondiale de latex, tiré de la sève de l’hévéa.






Les seringueiros chargés de sa collecte, faisaient un travail pénible, dans des conditions de semi esclavagisme.








Les barons du caoutchouc ont construit de riches demeures et un théâtre, assez surprenant à cet endroit.






Manaus se situe à la confluence du Rio Negro et du Rio Solimoès qui forment le Rio Amazonas ;








les eaux du Rio Negro, sont « noires », acides - ce qui tue les larves de moustiques - chaudes et plus lentes, propices à la baignade ; celles du Rio Solimoès viennent des Andes, elles sont « blanches » car chargées de limon, froides et rapides, on ne s’y baigne pas.
Ces eaux sont très poissonneuses ; les hérons pêchent mais les dauphins roses et les petits dauphins noirs ne se montrent pas.
Cette année, la saison des pluies - habituellement de décembre à juin - est retardée ; les eaux sont basses et doivent monter de 10 à 15 mètres, environ 20 centimètres par jour.







En bordure d’un affluent, un village de pêcheurs, dont les maisons flottantes peuvent aussi se déménager ! 







Le marché au poisson est très impressionnant ; les poissons amazoniens peuvent peser jusqu’à 100kg : tambaqui, poisson-chat, 







piracuru (les indiens se servent de leurs grandes écailles comme lime à ongles),








tucanaré, dont les yeux jaunes sur la queue servent à tromper l’ennemi,















« langouste » amazonienne. 









Les eaux sont très profondes (120 mètres) et les cargos peuvent remonter le fleuve jusqu’au Pérou.






Le port flottant accueille surtout les bateaux de ligne à plusieurs ponts qui desservent l’Amazone.











Le Mercado Municipal Adolpho Lisboa est formé de plusieurs petits pavillons que l’on doit à Eiffel : viande, poissons, 












fruits et légumes, 













artisanat amazonien. 













Dans la vieille ville,













de nombreux marchands ambulants équipés d’une brouette !












Le Teatro Amazonas est inspiré de l’Opéra Garnier, comme celui de Rio de Janeiro ; 











il a été construit et décoré par des architectes et artistes européens ;









à l’origine, la route d’accès était pavée de caoutchouc afin d’atténuer le bruit des voitures à cheval !
On y assiste à un concert de musique classique de l’Orchestre d’Amazonie.

EXCURSION DANS LA JUNGLE AMAZONIENNE
Bruno vient nous chercher avec nos petits sacs à dos, dans son combi brinquebalant, pour passer trois jours dans la jungle. 




1H30 de route avec une petite halte au marché du village de Rio Preto da Eva (manioc et dérivés, maillot de bain pour Jacques qui a oublié le sien),  










puis 1H30 de barque à moteur sur le Rio Preto da Eva, pour arriver à Malocas Jungle Lodge.














Masque indien












Une maloca est une maison traditionnelle ronde où vivent plusieurs familles indiennes ; ici, elle fonctionne à l’énergie solaire, les chambres sont éclairées à la bougie.

Visite à un caboclos 






Les caboclos sont des métis d’Amérindiens et de Portugais qui vivent de la chasse, de la pêche et de la culture du manioc ; ils reçoivent une parcelle qu’ils défrichent en la brûlant. 








La racine de manioc est épluchée, mise à tremper puis broyée ; la farinha de manioc est séparée du jus que l’on fait décanter pour obtenir une pâte qui sert à faire les galettes.











L’ingar, le fruit préféré des Indiens ; les graines sont entourées d’une délicieuse pellicule blanchâtre.













Orchidée sauvage














Promenades dans la forêt tropicale






Le chemin des singes, près du campement constitue une approche de la forêt primaire, mais seul Patrick observera quatre singes au petit matin.








Deux capitons noirs et bleus, encore appelés gendarmes, se répondent ; ce sont des oiseaux sentinelles qui signalent aux autres, les intrus que nous sommes ! On entend aussi un pivert qui pique un tronc.









Termitière



















Ananas sauvage












On emprunte le Caminhada do Cachoeira do Jacaré, chemin encombré de racines et de troncs d’arbre ; il permet de découvrir végétation et plantes médicinales, tout en conduisant à une cascade :








bois sucré,














bois de lait.












Le Samauma (ou ceiba, bois-coton, kapokier), un arbre gigantesque surnommé ici « la cathédrale » ; il est le symbole de l’Arbre de vie.













L’hévéa : les seringueiros entaillaient son tronc pour récolter le latex ; ils en faisaient une boule qui leur était payée au poids.











Le bois de rose sert à faire du parfum. On voit quelques fleurs, orchidées et bromélias.
Marcos, notre guide caboclos, nous montre aussi les traces d’un jaguar et de cochons sauvages ; au loin, on entend les cris des singes hurleurs.






La cascade de Jacaré, une halte bien rafraîchissante après cette marche sous une chaleur très humide.











On remonte le lit du ruisseau, au-dessus de la cascade ; au milieu, une pierre plate sur laquelle les Amérindiens découpaient la viande.













Le lendemain, on emprunte un chemin vers une autre cascade,














où flamboie le vermeilho ;













au retour, une mygale sort de son trou.













La forêt est toujours habitée par les « esprits », tel Saci-Perere à l’allure de lutin.








Marcos nous raconte la légende du guarana, une plante grimpante dont le fruit rouge, blanc et noir, ressemble à un œil humain ; il contient de la caféine et est utilisé pour ses propriétés stimulantes : « un jeune Indien, fort, intelligent et très aimé de ses parents, succombe à la morsure de Jurupari, l’esprit malin transformé en serpent ; le grand dieu indien Tupa, dieu du tonnerre, demande à la mère de planter en terre les yeux de son fils car il en naîtrait une plante unique ; au bout de quelques mois, poussa une très belle plante, le guarana, dont les fruits ressemblaient aux yeux du garçon ».

Autour du Rio Preto da Eva
Plusieurs promenades en barque sur le rio, les eaux sont basses mais bientôt la forêt sera inondée.
Au lever du soleil, les poissons sautent et deux aigrettes se pourchassent avec un cri rauque.







Aigrette









Dans les arbres volettent plusieurs japim, les femelles sont jaunes, les mâles rouges ; les perroquets se cachent à la cime, tandis que les faucons survolent la jungle.







Pirogue traditionnelle









La pêche au piranha n’est pas fructueuse, une touche mais pas de prise...







Les arbres se reflètent dans les eaux calmes du Rio Preto.








Retour de nuit à la recherche des caïmans, appelés ici jacarés ; on ne voit que des lucioles et on entend les grenouilles coasser.







Un jeune jacaré s’invite à notre table !









Malocas offre un hébergement rustique mais relativement confortable ; bonne cuisine de Marianha, à base de poisson accompagné de riz, haricots secs et farine de manioc ; le tout est relevé de tucupi, jus de manioc fermenté et pimenté.
Une expérience intéressante, mais pas très dépaysante ; on a été surpris de trouver une forêt aussi sèche et déçus de ne pas avoir vu davantage d’animaux...
Bruno nous ramène à Manaus et partage un repas avec nous ; il nous propose de nous emmener à l’aéroport le lendemain matin.

ALTER DO CHAO
Vol de Manaus à Santarem, la capitale du Para, en aval du Rio Amazonas ; tout à côté, Alter do Chao, sur le Rio Tapajos, un affluent aux eaux claires.

Ilha do Amor







L’île de l’Amour, une immense plage de sable rose ;  













on y accède en barque afin d’éviter les piqûres des raies pastenagues ; cette île sera bientôt submergée, comme à chaque saison des pluies.








Elle protège le Lago Verde ou Lagoa dos Muiraquitas, du nom des petites grenouilles qui y éclosent.

Les femmes de la tribu Borari vivaient dans le lagon, isolées des hommes qui habitaient sur le rio ; ils se retrouvaient sur l’île et échangeaient des cadeaux...






Une balade nous mène sur le Monte Serra da Piraoca, d’où la vue sur le rio est très belle.









Lago Verde
Visite très intéressante avec Raphaël, guide d’Amazon Incoming Travel : fils d’un chercheur d’or, ce jeune brésilien est originaire d’une tribu amérindienne – marron (nom donné aux esclaves noirs qui s’enfuyaient des plantations). Il a vécu en forêt, sans pouvoir être scolarisé, en étant seulement éduqué par Fideli, le « père Fouettard » amazonien qui emmenait en forêt dans un sac, les enfants mal élevés ! Quand il eut 9 ans, son père décida de déménager en Guyane française afin que ses enfants puissent aller à l’école ; Rapahaël a poursuivi sa scolarité en France et s’est marié à une française ; aujourd’hui, prêt à monter son agence de tourisme, il dit « tout devoir à la France ».

La région représente la plus grande réserve aquifère du monde, l’eau provient du sous-sol.
A la saison des pluies, les poissons se reproduisent dans la forêt inondée ; les œufs sont pondus dans le plancton, le limo, puis fécondés avant d’éclore.
Visite en bateau à moteur des igarapés, les « chemins du canoë » :






Igarapé da Cuicuera, ou de la forêt enchantée ; les Indiens s’y cachaient quand ils étaient poursuivis et « enchantaient » ainsi leurs ennemis.











Nénuphars













Igarapé do Macaco : la forêt est inondée ;













baignade près d’une source souterraine, l’eau y est très claire.










Dans ces rivières vivent les poissons électriques ou buraque, dont la décharge peut être mortelle. Les anacondas peuvent atteindre 10 mètres de long ; ils sont surtout visibles et peu agressifs lorsqu’ils digèrent une grosse proie, ce qui peut prendre 4 à 6 mois !

Ponta do Cururu







Un pêcheur remonte ses filets ;













une langue de sable s’avance, Raphaël marche sur les eaux du rio Tapajos!









Les dauphins roses, appelés Botos, viennent y sauter tous les soirs au coucher du soleil.

Après une caipirinha bien tassée, repas de poisson au restaurant Piracui avec Raphaël : tambaqui au court-bouillon et tucunaré à l’escabèche, on se régale...
Alter do Chao a représenté pour nous une étape bien sympathique. 







Jacques et Patrick se défoulent à la pêche au piranha !






DESCENTE DE L’AMAZONE ENTRE SANTAREM ET BELEM






On descend l’Amazone sur le Nelio Correa, un gaiola, bateau de ligne à trois ponts ; deux jours pour faire 800km avec huit escales. 








Nous avions réservé des cabines, le confort est très sommaire, on n’osera pas utiliser la douche.








Les autres passagers dorment sur le pont en hamac,












 comme ces deux petites filles.











Cuisine bourrative mais correcte, avec une assiette à 10 réals (2,5 euros), on mange à deux ! Pour améliorer l’ordinaire, on amène des biscuits, des fruits et de la vodka, faute de cachaça ; on goûte au jus d’açai préparé à partir du fruit d’un palmier.

Musique criarde mais on arrive à s’installer sur des fauteuils devant notre cabine.







Ici, tout se transporte en bateau ; le débarquement des oranges se fait à dos d’homme.











Le fleuve est large, on se rapproche des rives boisées lors des escales.











Monte Alegre, petite ville sur pilotis ; c’est dans cette région qu’ont été découvertes des grottes décorées de peintures rupestres amérindiennes.








A chaque halte, l’animation est constante ; les petits vendeurs grimpent à l‘assaut du bateau, avant même son amarrage ; ils proposent des assiettes-repas, des fruits, du fromage de buffle, des crevettes, des cœurs de palmiers...










Coucher de soleil sur l’Amazone













Ces bateaux poussent leur chargement de bois, destiné à l’exportation.








Les rives se rapprochent au niveau de l’étroit canal de Breves et de l’île de Marajo :





tout au long du fleuve, s’égrènent les maisons sur pilotis avec leur embarcadère ; le linge sèche, les habitants regardent le bateau passer ;














certaines maisons paraissent plus cossues,













les églises sont nombreuses. 












Des barques viennent à la rencontre du Nelio Correa et s’arriment un moment, proposant leurs produits ou profitant de l’occasion pour faire quelques miles.











Les enfants attendent des petits cadeaux ou de la nourriture ; 














le matin, la navette scolaire les emmène à l’école. 









On aperçoit de nombreuses aigrettes, mais on voit aussi s’envoler un toucan et des perroquets.






Un peu de pluie quand on se rapproche de Belém, dont on voit bientôt les hauts immeubles.








Cette croisière à petite vitesse a passé relativement vite et nous a permis de mieux appréhender l’atmosphère et la vie des Caboclos autour de l’Amazone.

BELEM 
Belém, la capitale du Para, se situe sur la baie de Guaraja, à l’embouchure de l’Amazone ; elle a été fondée par les Portugais et a pris son essor grâce au commerce du cacao, de l’indigo et des fourrures, mais surtout à la fin du XIX° siècle, lors de l'essor du caoutchouc. 









Dans la vieille ville, au bord du fleuve, il persiste quelques immeubles Belle Époque,








mais on arrive vite à des rues un peu « chaudes » où il faut éviter de se promener... Autour de ce centre, des barres d’immeubles.







Dans cette rue mal pavée, le contraste entre cette carriole à bras et ce 4x4 est saisissant.












Cathedral da Sé, récemment rénovée













Autour du port tournoient les urubus noirs, des charognards pas très sympathiques.











Du Forte do Presepio, on a une belle vue sur le Mercado Ver O Paso, appelé ainsi par les Portugais qui veulent Voir le Poids :












un marché typique de poissons,













fruits et légumes,













décoctions aphrodisiaques













et perruches.













Mercado Municipal,













artisanat amérindien.











Estaçao das Docas, les anciens docks ont été rénovés, formant un espace agréable en bord de mer : restaurants, brasserie, glacier, quelques boutiques et animation musicale chaque soir.














Teatro da Paz, Théâtre de la Paix, inspiré de la Scala de Milan :














loge Impériale,















les murs de pierre sont joliment peints,















lustres de cuivre et de cristal,













belles marqueteries de bois exotiques.













Basilica Santuario de Nazaré, un bel ensemble,














avec des vitraux éclatants de couleurs ;












chaque deuxième samedi d’octobre, la procession du Cirio réunit deux millions de pèlerins qui suivent la Vierge de Nazaré à travers la ville.






Promenade dans le Bosque Rodrigues Alves, un îlot de forêt préservé au milieu de la ville ;














alpinia.












On loge à l’hôtel Portas da Amazona (45 euros la nuit), chambres spacieuses, petit jardin intérieur et pizzeria ; sympathique groupe de jazz avec accompagnement à la clarinette et à la guitare.
Chaque dimanche de janvier, tout le monde est invité à défiler, en prémices du carnaval.
A Belém, il y a quelques belles choses à dénicher dans la vieille ville sale et assez délabrée...

L’Amazonie, une contrée mythique que cette semaine nous a permis d’entrapercevoir ; la vie tourne autour du fleuve qui sert de voie de communication et fournit du poisson.
On a été surpris de ne pas y rencontrer de moustiques !

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