Odile et Jacques

Odile et Jacques
Odile et Jacques

lundi 13 mai 2013

Jeudi 9 mai : NISOS ARCHANGELOS – NISOS LEROS (LEROS MARINA) (11M)


Temps maussade, un peu de pluie…
Saut de puce vers la baie Partheni de Léros où nous avions pris rendez-vous pour la réparation de la pompe hydraulique du pilote ; nous repartons avec ce nouvel équipier qui nous faisait défaut depuis juillet dernier…

Pas de vent, route au moteur vers la baie de Lakki et amarrage dans Léros Marina (27 euros).
Accueil chaleureux d’Antigone et efficace de « Baba », le tout en français !





D’ailleurs, il y a une majorité de français sur les pontons : nous voyons A Tom (mais Laure et Claude sont actuellement en France) ainsi qu’Ael Mat ; nous passerons une agréable soirée avec Monique et Patrick avant leur départ, évoquant l’EMYR de l’an dernier et nos projets transatlantiques futurs…
Restaurant  To Petrino : bonne viande, patron francophone qui nous fait goûter la liqueur au mastic de Chios, prix corrects…

Mercredi 8 mai : DIDIM (TURQUIE) – NISOS ARCHANGELOS (GRECE) (29M)


Bonne navigation au bon plein puis louvoyage un peu plus musclé à l’arrivée (force 5), mais on a la flemme de prendre un ris, on enroule le génois.

Mouillage au sud de l’île de l’Archange, dans le Dodécanèse ; elle ne semble habitée que par un berger et son troupeau de chèvres.

On a pris de l’eau qui semble salée, pas par l’avant cette fois-ci, à explorer…

Lundi 6 et mardi 7 mai : PREPARATION DU BATEAU


Il fait très beau et très chaud : 28°C, 35 dans le bateau !

Nous voulons partir au plus vite de Turquie car la marina de Didim ne nous fait pas de cadeau : après deux hivernages, elle nous fait payer chaque journée supplémentaire au prix fort (50 euros) depuis une semaine…

Lavage du pont et de la coque, remontage du winch par le chantier, reprise du lazzy-bag qui n’est pas ouvert pour recevoir la voile, mise à l’eau qui est retardée malgré le rendez-vous pris depuis plusieurs mois…

A l’eau, le moteur refuse de démarrer ; heureusement M. Volvo est à bord pour purger le circuit d'alimentation.
Formalités de sortie de Turquie (70 euros), retour de la voiture de location dans la ville (impossible de trouver l’agence qui vient de déménager, on finit par leur téléphoner de venir nous chercher !).

On met la grand voile à poste mais il est trop tard pour partir ce soir ; on partira en catimini mercredi de bonne heure, après avoir hissé le génois…

Samedi 4 et dimanche 5 mai : VISITE DE PERGAME et ARRIVEE A DIDIM


Traversée de la Mer de Marmara dans la brume matinale et voiture jusque Pergame ; on ne s’arrête pas à Troie dont il reste peu de choses hormis la reconstitution du célèbre cheval de bois.

Pergame

Fondée par un fils de la troyenne Andromaque, selon la légende, Pergame a été édifiée au III° siècle par Lysimaque, un des généraux d’Alexandre.
Le royaume de Pergame d’Attale I°, prospéra sous Eumène II après sa victoire sur les Séleucides.
Pergame, carrefour commercial de la Méditerranée Orientale, devint un centre culturel important et sa bibliothèque renommée faisait ombrage à celle d’Alexandrie ; l’Égypte déclara l’embargo sur le papyrus mais Pergame inventa le parchemin (pergamen) à partir de peaux de moutons ou de chèvres tannées ; ainsi apparaîtront les premiers livres ou codex.

L’Acropole, sur un promontoire, nous déçoit quelque peu…







Il reste quelques colonnes du temple de Trajan et un mur de la bibliothèque














    Décor du fronton














Le théâtre, très abrupt domine la plaine.









L’Asclépéion  est dédié à Asclépios, dieu de la médecine.
C’était un centre de soins renommé où officiait l’anatomiste Galien ; les empereurs romains, tels Hadrien et Marc-Aurèle, venaient s’y faire soigner.
Bains à l’eau de la fontaine sacrée, bains de boue, massages, tisanes, interprétation des rêves, le malade - mais pas trop malade car il était interdit d’y mourir - était pris en charge globalement, « mens sana in corpore sano ».






Le Temple de Télesphore, arrondi, était réservé aux soins.












De là, un couloir souterrain mène à l’esplanade centrale où coule l’eau de la fontaine sacrée ; elle est bordée par la stoa et par un théâtre











dont l’assise est supportée par des pattes de lion.












Sur la route de Didim, on s’arrête pour manger les galettes traditionnelles.








Nous retrouvons notre bateau au sec et hissons nos 8O kg de bagages ; un moteur de winch et un moteur de pilote, cela pèse lourd!


dimanche 12 mai 2013

Du mercredi 1° au vendredi 3 mai : VISITE D’ISTANBUL, L'EPOQUE OTTOMANE et LA VIE DANS LE VIEIL ISTANBUL


L’EPOQUE OTTOMANE

Palais de Topkapi (XV° siècle)

Le Palais de Topkapi servit de résidence aux sultans de la fin du XV° siècle au XIX° siècle ; chacun d’eux l’embellit et l’agrandit en ajoutant un kiosque, une bibliothèque, une mosquée…





On entre par la Porte impériale dans la cour des Janissaires ; ces jeunes esclaves chrétiens convertis à l’Islam, étaient destinés à servir le sultan comme soldat ou même parfois comme grand vizir du sérail.






La Porte du Salut, que seul le sultan pouvait franchir à cheval, mène à la Cour des cérémonies, centre de la vie politique du palais.






On accède ainsi au harem qui ne compte pas moins de 300 pièces, toutes très richement décorées de faïences bleues et vertes. 







Plus de 500 femmes y vivaient : la sultane mère, 6 à 8 favorites qui avaient donné une descendance au sultan, et de nombreuses domestiques.
Les esclaves chrétiennes dansaient devant le sultan qui faisait tomber son mouchoir pour désigner l’élue…
A l’exception du sultan, des princes - qui, dans leur prison dorée, n’avaient pas le droit de regarder les femmes – et des eunuques, aucun homme ne pouvait  pénétrer dans le harem; les eunuques Blancs en surveillaient l’extérieur, tandis que les Noirs totalement émasculés surveillaient l’intérieur.






Cour des eunuques noirs













Faïence de Kütahya












Cour de la sultane mère, la valide












Salon à la cheminée












Faïence d’Iznik













Salle à la fontaine où le sultan accueillait ses favorites ; le bruissement de l’eau servait à couvrir les conversations...






















    Entrée du kiosque de Murat III



















Salon de Murat III : les divans sous un baldaquin encadraient une cheminée de bronze ; en face, une fontaine à trois étages











Volets incrustés de nacre













Bibliothèque d’Ahmet I°











Cour des favorites sur laquelle donnaient leurs appartements






















Après la visite du harem, on pénètre dans la troisième cour, où se tenaient les audiences,






Bibliothèque d’Ahmet III










puis enfin dans la quatrième cour, jardin planté de tulipes, avec vue sur le Bosphore.








Kiosque de Bagdad qui commémore la prise de la ville











Signature














Miniature sur faïence












Le Trésor des sultans, inestimable collection de bijoux et de meubles en or, sertis de diamants, d’émeraudes, de rubis, de turquoises est impressionnant.






Hançer, poignard dont le pommeau décoré d’émeraudes contient une montre













Coran enluminé de Mahmut I°














Mosquée Bleue (XVII° siècle)
ou mosquée Sultanahmet, aux proportions magnifiques fut achevée en 6 ans.





Avec ses six minarets, la mosquée Bleue égalisait celle de La Mecque ; le sultan Ahmet II dut lui offrir un septième minaret, afin de respecter la hiérarchie !











La salle de prière est très lumineuse; le mihrab qui donne la direction de La Mecque et le minbar sont en marbre blanc.












Le dôme central est entouré de 4 demi-coupoles 












Elle est tapissée de mosaïques bleues d’Iznik à décor fleuri d’œillets, tulipes, roses et cyprès.













    Vitrail













De nuit, vue de la terrasse du restaurant Doy Doy











Mosquée Sokollu Mehmet Pasa (XVI° siècle)
construite à la demande de la fille du sultan qui avait épousé le Grand vizir Mehmet Pasa.







A l’heure de la prière












Fontaine aux ablutions









Mosquée Neuve (XVII° siècle)
située près du pont de Galata qui relie l’Europe à l’Asie.







Cour intérieure avec la fontaine aux ablutions ; on voit l’un des deux minarets à triple balcon. 














L’intérieur est décoré de faïences émaillées,













les coupoles sont peintes de motifs géométriques et floraux.










LA VIE DANS LE VIEIL ISTANBUL

Grand Bazar
Le grand bazar est un immense marché couvert où l’on trouve de tout ; malheureusement, peu à peu les artisans ont cédé la place aux boutiques à touristes… On y marchande des poufs en cuir et de douces écharpes en pashmina, mélange de laine et de soie.
Les bâtiments que l’on voit aujourd’hui, ont été reconstruits au XIX° siècle.








Marchand de tapis, noués ou tissés (kilim)












Il y règne une agitation incessante ; livreurs en tous genres et vendeurs de thé insaisissables…












Marchand de tissus aux couleurs chatoyantes











Les han, caravansérails sur la route de la soie, représentent un havre de paix.









Bazar égyptien ou marché aux épices
Il a été reconstruit au siècle dernier mais Génois et Vénitiens y vendaient déjà des épices et des parfums ; on n’y résiste pas !







Marchand d’épices et de fruits secs 










Au fil des rues







Maisons ottomanes aux balcons de bois











Vendeur de bric à brac,













de fruits et légumes, bien alignés,













de maïs grillé.









La nouvelle ville est trépidante avec de nombreux embouteillages; lors de notre séjour, des manifestations contre la vie chère (le litre d’essence est à 2 euros 10).
Malgré tout, nous avons été agréablement surpris : plus de vendeurs de chaussettes « Lacoste »  collants, plus de marchands du temple à la sortie des sites, sauf quelques-uns prêts à déguerpir car la police veille…

Nous avons eu plaisir à revoir Istanbul et avons particulièrement apprécié les mosaïques de l’église Saint Sauveur que nous ne connaissions pas et naturellement le Palais de Topkapi.
Il est  exceptionnel qu’une seule ville réunisse tant de merveilles, témoins de son passé glorieux à la croisée de l’Occident et de l’Orient.









dimanche 5 mai 2013

Du mercredi 1° au vendredi 3 mai : VISITE D’ISTANBUL, UN PEU D'HISTOIRE et L'EPOQUE BYZANTINE


UN PEU D’HISTOIRE…


Byzance
Au VII° siècle avant J.-C., le marin grec Byzas s’installe sur la Corne d’Or à l’entrée sud du détroit du Bosphore, côté européen.
Domination du macédonien Alexandre le Grand.
La ville est assiégée par l’empereur romain Septime Sévère qui la reconstruit.

Constantinople
En 324, l’empereur Constantin s’empare de Byzance qu’il baptise Constantinople ; il en fait la  capitale de l’Empire romain d’Orient.
Construction de la basilique Sainte Sophie.
Apogée de l’Empire byzantin sous Justinien.
Brève intrusion des Croisés qui détruisent la ville.

Istanbul
En 1453, les Turcs prennent Constantinople qui devient Istanbul ; Mehmet II en est le premier sultan.
Apogée de l’Empire ottoman sous Soliman le Magnifique.
Occupation par les forces franco-britanniques lors de Première Guerre mondiale.
Mustafa Kemal organise la résistance et devient, en 1923, le premier président de la République turque sous le nom d’Atatürk.


L’EPOQUE BYZANTINE

Sainte Sophie (VI° siècle)
L’empereur Justinien et l’impératrice Théodora firent construire cette basilique pour honorer la Sagesse divine ou Sofya ; ils la voulurent plus grande et plus belle que le Temple de Salomon à Jérusalem, aussi les architectes grecs utilisèrent-ils des matériaux riches tels que marbre, porphyre, ivoire, pierres précieuses, argent, or…
Sainte Sophie fut transformée en mosquée par les Ottomans qui remplacèrent la chaire par un mihrab ; Atatürk en fit un musée. 





                                                                                                   
   Sainte Sophie                                            

                                 






On admire surtout les fines mosaïques empreintes de majesté…






  Le Christ
     











 La Vierge et l'Impératrice Irène












 Le Christ et l'Empereur Constantin












  Les murs sont couverts de marbre veiné









Petite Sainte Sophie (VI° siècle)
Cette église byzantine autrefois couverte de mosaïques a, elle aussi, été transformée en mosquée ; 






la coupole est peinte dans le style ottoman.









Eglise Saint Sauveur in Chora (XI° siècle)
Les décors sont magnifiquement conservés et se lisent comme une bande dessinée.
Les scènes sont touchantes et pleines de vie ; certaines sont tirées des Évangiles apocryphes - ceux que l’Église a supprimés de la Bible à cette époque -, et sont donc assez inédites !

Fresques







La Vierge, pleine de tendresse, et l’Enfant 













Le jugement dernier









Mosaïques







Joseph reproche à Marie sa grossesse













La Sainte Famille














La fuite en Egypte













Les noces de Cana










Citerne-basilique ou Palais englouti (VI° siècle)
Cette citerne pouvait contenir jusqu’à 100 000 litres d’eau ; elle alimentait le palais des empereurs byzantins puis le palais de Topkapi ; 







elle possède 336 colonnes récupérées dans les temples voisins !