SUR LES TRACES DES ÉTRUSQUES
Les Étrusques s’établirent en Étrurie – région située entre le Tibre au Sud et l’Arno au Nord
– , en Campanie et dans la plaine du Pô.
Histoire (900-27 av. J.C.)
Période villanovienne (900-720
av. J.-C.) est
considérée comme la première phase de la civilisation étrusque, la plus
ancienne culture de l’âge de fer en Italie.
La fin de
cette période est marquée par des contacts avec la civilisation hellénique et
des échanges commerciaux avec le Nord, le long de la Route de l’Ambre.
Période d’orientalisation (720-580
av. J.-C.), influencée
par la culture de la Méditerranée Orientale.
De riches
aristocraties font étalage de leur prospérité avec des tombes recouvertes de
tumuli monumentaux.
Richesse
provenait de gisements miniers.
Des pôles
urbains se développent rapidement le long des côtes.
Période archaïque (580-480 av. J.-C.)
L’organisation
politique se fondait sur douze cités-Etats autonomes.
Ce régime
implique le développement de l’agriculture et du commerce ; les ateliers
de poteries fabriquent de la vaisselle dont le « bucchero » noir
caractéristique qui imite le métal.
Puissance
maritime : après leur victoire sur les Phocéens, les Etrusques s’emparent
de la Corse.
Période classique (480-320 av. J.-C.)
Les villes
côtières du Sud sont battues par Hiéron de Syracuse lors de la bataille de
Cumes. Au Nord, des tribus gauloises occupent une partie de la plaine du Pô.
Dans cette
bataille contre les Gaulois, certaines cités étrusques aident Rome qui leur
accorde la citoyenneté romaine.
Période hellénistique (320-27
av. J.-C.)
Petit à
petit, l’ocupation de l’Etrurie devient complète et la région se romanise.
La culture
étrusque se distingue de la grecque, qui l’a toutefois fortement influencée, et
de la romaine, laquelle s’est imprégnée en revanche des traditions et des
moeurs étrusques.
Langue
Les lettres
utilisées sont de type grec occidental, et l’écriture se fait de droite à
gauche.
Religion
La
religiosité évolue eu fil du temps : l’animisme de l’âge de fer est
remplacé par un panthéon de divinités anthropomorphes semblables aux grecques,
Tinia (Zeus), Uni (Héra), Mernva (Athéna).
Elle se
fondait sur des rituels et sur la pratique de la divination.
Le culte se
déroulait dans des temples avec pronaos, cella et alae (pièces latérales).
Artisanat
Le bucchero
est la poterie typique de la civilisation étrusque : afin d’imiter les
vases en métal, son procédé de cuisson à four fermé faisait carboniser le vase
qui prenait une couleur noire.
LAZIO
CERVETERI
Nécropole de Branditaccia, site
UNESCO (7et s. av. J.-C. - 1er s. av. J.-C.)
Cette
nécropole, probablement de 20 000 tombes, se présente comme une cité avec
une voie principale ouvrant sur des tombes en forme de tumulus.
Les tombes
archaïques sont très simples, tombes à incinération où l’urne était enterrée
dans un petit puits, et inhumation du corps directement dans le sol. Elles
deviennent progressivement plus profondes et plus grandes, creusées dans le tuf
et recouvertes de terre.
Ce grand tumulus reposait sur un socle de pierre
cerné de moulures ; il a accueilli quatre sépultures d’époques
différentes :
Tombe de la Cabane, la première chambre recevait
les objets du trousseau, dans la deuxième était déposé le couple défunt (7e
s. av.J.-C.).
La Tombe des Vases grecs, dans laquelle ont été
enterrés leurs descendants, prend la forme d’une maison avec des portes
décorées de corniches,
et une poutre soutenant le toit.
Tombe des chapiteaux : ils sont ornés d’une
palmette entourée de volutes, décor caractéristique du Moyen-Orient ; les sculptures
du toit reproduisent les poutres et poutrelles d’une maison.
Tombe de la petite Maison : à gauche, le
lit funéraire de l’homme, soutien de la famille, est incliné et repose sur des
pieds, simulant un lit de banquet ; à droite, celui de la femme,
protectrice du foyer, est décoré d’un petit toit.
Tombe du Pilastre : les espaces pour
édifier un tumulus sont devenus rares, les tombes sont devenues des hypogées
creusées dans le sol.
Un escalier descend vers La Tombe des Reliefs, celle
d’un noble, Vel Natunas et de sa famille (4e s. av. J.-C.) ;
elle est richement décorée de stucs, frise avec
des armes en haut, objets rituels ou du quotidien sur les piliers.
Sous le lit funéraire central à deux oreillers,
deux monstres, Scylla avec des tentacules en guise de jambes et Cerbère, le
chien à trois têtes gardien des Enfers.
TARQUINIA
Necropoli dei Monterozzi, site UNESCO
(9e s. av. J.-C. - 1er s. av. J.-C.)
Cette
nécropole de 6 000 tombes était située sur un plateau en tuf parallèle à
celui de la cité antique ; contrairement à Cerveteri, aucune architecture
extérieure n’est visible mais en descendant sous terre, on découvre des
chambres funéraires carrées couvertes de magnifiques peintures. Elles font leur
apparition au début du 6e siècle et deviennent une tradition pour
les classes supérieures qui décorent leur demeure pour l’au-delà.
Les premières tombes étuis lithiques
préhistoriques contenaient l’urne cinéraire ; elles étaient déposées dans
une sorte de puits (9e s.
av. J.-C.)
Les tombes
peintes (du 6e au 5e s. av. J.-C.)
La tombe Bartoccini présente quatre chambres, la
scène de banquet est ici peinte sur le fronton principal ; au Moyen-Âge, elle a
été occupée par les Templiers qui y ont laissé des graffiti.
La tombe des Lionnes montre l’intérieur d’une
maison décorée de deux lionnes ou femelles léopards. Entre les hommes qui
banquètent, danseurs et musiciens jouent autour d’un cratère qui contenait le
vin. Les dauphins et la mer symbolisent l’au-delà.
La tombe de la Chasse et de la Pêche comporte
deux chambres ; dans la deuxième, un bel envol d’oiseaux dans une scène de
pêche et de chasse ; on ne peut malheureusement pas voir le plongeon d’un
jeune homme qui rappelle la « Tombe du Plongeur » de Paestum, une
métaphore du passage de la vie à la mort.
La tombe du Chasseur représente une tente
utilisée pour la chasse ; elle est décorée d’une frise avec animaux et
guerriers.
Tombe des Bacchantes : autour des
musiciens, des personnages dansent avec parfois une coupe de vin à la
main ; sur le fronton, des lions saisissent des faons.
Tombe des Léopards, du nom des deux félins
tachetés ; en dessous, une scène de banquet sur l’herbe où trois couples
sont allongés sur des lits ;
à gauche, trois serviteurs et deux musiciens
convergent vers la scène,
à droite, un personnage tend une coupe à deux
musiciens.
Tombe de la Jeune Fille : au fond, se
trouve la niche où était déposé le défunt ; au niveau du fronton, une tête
de gorgone et deux petits génies ailés ; de chaque côté, deux musiciens
jouent de la lyre et de la flute.
Muséo Nazionale Etrusco
Le musée étrusque est installé dans le palais
Vitelleschi, achevé à la Renaissance (15e s.) ;
élégante cour intérieure.
Il abrite les
objets venant de l’ancienne Civita de Tarquinia, temple de l’Ara della Regina
et nécropole.
Sculpture funéraire archaïque
Décor du
dromos d’une tombe à chambres (6e s. av.J.-C.)
Lion
Tomba dei Partunu
Le Sarcofago del Sacerdote (4e s.
av.J.-C.), en marbre de Paros, contenait les restes de Laris Partunus, fondateur
de la tombe ;
les faces latérales sont décorées de scènes
mythologiques : Achille venge la mort de son ami Patrocle.
Le Sarcofago del Magnate, fils de Laris, le
Sacerdote (4e s. av.J.-C.) ; à ses pieds, une tête féminine
entourée de deux sphinx ;
sur le bas-relief des faces latérales, le combat
entre les Grecs et les Amazones.
Autres sarcophages
Sarcophage à couvercle sculpté d’une femme
couchée qui tient dans la main un petit oiseau (4e s. av.J.-C.)
Sarcophage avec un faon (4e s.
av.J.-C.)
Sarcophage du Magistrat, en position
semi-assise, celle adoptée sur le klinai lors d’un banquet.
Chevaux ailés du temple de l’Ara della
Regina (4e
s. av.J.-C.)
Ces magnifiques chevaux ailés en terre cuite
décoraient le fronton du sanctuaire de l’Autel de la Reine ; leur
particularité est d’être formé d’un bas-relief, pattes arrière et queue, et d’un
haut-relief pour l’avant du corps, la tête et les ailes finement sculptées se
détachant de la surface.
Mythra était considérée à l’époque
hellénistique, comme la médiatrice entre les hommes et les dieux ;
Mythra sacrifie un taureau pour sauver le monde,
marbre blanc (2e s.).
Collections d’objets trouvés dans les
tombes de la nécropole,
comportant de la vaisselle produite à Corinthe et des objets importés de Grèce
orientale.
Urne cinéraire
Chariot brûle-parfums en bronze en forme
d’oiseau fantastique à tête cornue (8e s. av.J.-C.)
Unguentarium en impasto – technique de poterie
étrusque – , en forme d’animal à tête cornue
Collier en faïence formé de pendentifs
représentant des divinités égyptiennes (7e s. av.J.-C.)
Colliers en pâte de verre
Têtes de griffons en bronze, destinées à orner
un chaudron (Grèce, 6e s. av.J.-C.)
Oenochoé, pichet à vin en bucchero, décoré par
estampage (6e s. av.J.-C.)
Vase à figures noires, Dionysos et Ariane :
Ariane, fille de Minos, sur un bouc entre deux silènes (6e s.
av.J.-C.).
Tête féminine en terre cuite, Ara della Regina
(3e s. av.J.-C.)
Céramique à
décoration en relief (3e s. av.J.-C.)
Oenochoé de production attique, attribué à
Charinos (5e s. av.J.-C.)
Kylix attique à figures rouges, portant deux
signatures : l’une d’Euxitheos qui a façonné le vase, l’autre d’Oltos qui
l’a décoré (6e s. av.J.-C.).
Collier avec pendentifs en or décorés de
gorgone, triton... (6e s. av.J.-C.).
Ces nécropoles et ce musée nous ont permis de découvrir cette civilisation étrusque
méconnue.
CAPRAROLA
Palazzo Farnese (16e
s.)
Le cardinal
Alexandre Farnèse, futur pape Paul III, fait construire une forteresse sur un plan
pentagonal.
Son
petit-fils, Alexandre Farnèse le jeune, devient cardinal à 14 ans et fréquente
les cours européennes. Mécène et amateur d’art, il fait appel à l’architecte
Vignole pour transformer l’édifice fortifié en palais qui devient la résidence
estivale de la famille.
Le palais
Farnèse se couvre alors de fresques signées des maîtres italiens, Taddeo et
Frederico Zuccari, Giacomo Bertoja ; il est considéré comme un exemple de
Renaissance tardive, le maniérisme.
Le palais, en haut d’un escalier monumental,
domine la ville.
Fresque de la
reconstruction du palais et de la ville, la Nova Caprarola.
La cour
intérieure circulaire est entourée de portiques sur deux niveaux ;
au centre, un masque grotesque fait office
d’impluvium.
Salle du printemps : la Rapt de Proserpine
L’escalier royal, un escalier hélicoïdal
grandiose soutenu par des colonnes doubles et décoré des fleurs de lys des
Farnèse ;
il mène à
l’étage noble réservé au cardinal.
Sur le dôme
de la chapelle circulaire, sont représentées des scènes de l’Ancien
Testament ; au centre, la création du ciel et de la terre.
Salle des Fastes Farnèse où ils sont
représentés à tous leurs moments les plus glorieux ;
Charles Quint
et Alexandre Farnese.
Antichambre
du Conseil : Investiture de Paul III
Salle d’Hermathéna, personnage combinant Mercure
et Minerve, équivalents des grecs Hermès et Athéna ; cette pièce qui
symbolise l’union de l’éloquence et de la sagesse, était le cabinet de travail
du cardinal.
Salle du Jugement : le Jugement de Salomon.
Salle de la Carte du Monde ;
sur la voûte céleste, les constellations sont
représentées par des figures mythologiques, et les étoiles sont placées selon
les derniers précis d’astronomie.
Un faste à en
donner un peu le tournis !
Jolie route
forestière, les villages perchés sur des crêtes de tuf, sont enserrés dans des
fortifications.
On quitte le
Latium pour l’Ombrie.
OMBRIE
ORVIETO
Perchée sur
du tuf volcanique, couleur « Pierres dorées », Orvieto a été un grand
centre étrusque, puis, une commune libre rivale de Sienne et enfin une place
forte papale où se réfugia Clément VII.
Le
funiculaire ne fonctionne pas mais les navettes mènent à la vieille ville en
continu.
La Via Cavour
est une petite rue sympathique mais un peu désuète.
Porta Rocca et les fortifications d’Orvieto
Torre Forte
Piazza della Repubblica, église Sant’Andrea et
son curieux campanile à douze côtés.
Duomo
(14e s.)
Construit en
tuf pour accueillir des reliques du miracle de Bolsena, sa somptueuse
décoration ne fut achevée que plusieurs siècles plus tard.
Il s’élève, majestueux, de pierres blanches et
noires, en style romano-gothique.
Le haut de la façade est décoré de mosaïques et
de marbres ; la rosace est entourée des statues des apôtres et des
prophètes ; la mosaïque de la flèche relate le Couronnement de la
Vierge ;
en bas, la façade s’habille des bas-reliefs du
Siennois Lorenzo Maitani,
détail du Jugement dernier.
L’Agneau de Dieu, à ne pas confondre avec la
louve !
Décoration
des piliers de style cosmatesque
A l’intérieur, les fonts baptismaux gothiques
Fresque de la Vierge à l’Enfant, Gentile da
Fabriano (15e s.)
Reliquaire orné d’émaux et de gemmes, du
corporal qui enveloppa l’hostie ensanglantée (14e s.).
La chapelle de la Madone de St Brice est décorée
de fresques :
La voûte a été commencée par Fra Angelico (15e
s.), le Christ juge parmi les anges.
Les fresques ont été reprises par Luca
Signorelli : La fin du monde, le soleil et la lune se voilent, la terre
tremble, la sibylle feuillette son livre prophétique avec le prophète
David ; les démons ailés libèrent une pluie de feu,
la terreur se lit sur les visages.
La cathédrale
d’Orvieto a été une belle découverte.
TOSCANE
AREZZO
Arezzo est
une ville riche d’histoire, couverte de palais. Du parking, une série d’escaliers
roulants mène au pied du Duomo, ce qui nous a permis de loger dans la vieille
ville.
Basilica di San Francesco (14e
s.)
La façade de cette église franciscaine n’a
jamais été achevée.
Derrière
l’autel, la Cappella Bacci est décorée des fresques de Piero della Francesca (15e
s.) ; elles illustrent la Légende de la Vraie Croix d’après La Légende
dorée :
Crucifix du
Maestro di San Francesco (13e s.)
La reine de Saba refuse de passer le pont
construit avec le bois dont sera faite la Croix du Sauveur ; à Jérusalem,
elle révèle sa vision à Salomon.
L’ange annonce à Marie la crucifixion de son
fils ; il tient à la main la palme des martyrs et non le lys de la
virginité.
Hélène, mère
de Constantin, fait déterrer les trois croix, la résurrection d’un mort lui
permet de reconnaître celle du Christ ; l’empereur chrétien Héraclius
vainc le roi des Perses Chosroès qui s’était emparé de la Croix pour en orner
son trône, et la rapporte à Jérusalem.
Triptyque, la
Vierge donne la ceinture à St Thomas.
Le pape Honorius III approuve l’indulgence de
saint François d’Assise, vitrail du verrier français, Guillaume de Marcillat
(16e s.).
Santa Maria della Pieve (12e
s.), a été remaniée
au 16e s. par Vasari qui y est enterré.
En style roman pisan, sa façade possède trois
étages de colonnettes ; son campanile
est dit des Cent Trous !
Le portail roman est décentré.
Croix peinte, Margarito di Arezzo (13e
s.)
Polyptique, Pietro Lorenzetti (14e s.)
Piazza Grande
Cette magnifique place médiévale se pavoise pour
la Giostra del Saricino : la Casa-Torre Cofani, maison-tour au sommet
crénelé,
et l’élégant Palazzo della Fraternita dei Laici
(14e-15e s.).
Duomo (13e s.)
Façade récemment achevée
Portail latéral romano-gothique
Cette
cathédrale conserve un cycle de sept vitraux de Guillaume de Marcillat qui
réussit à mettre en scène ses personnages malgré le format vertical (16e
s.) :
Le Christ chassant les marchands du Temple
La résurrection de Lazare
Sainte Marie-Madeleine, fresque de Piero della
Francesca (15e s.)
CORTONA
Cortona est
une petite ville médiévale accrochée sur une colline, à laquelle on accède par
des escaliers roulants.
Piazza della Repubblica, le Palazzo Communale
(13e s.)
Albero della
Vita Fertilita, bronze d’Andrea Roggi (2020)
Palazzo Ferretti, exposition d’art
Museo dell’Accademia Etrusca e della
Città di Cortona
Le musée
présente l’histoire de la ville depuis l’âge du bronze ; une importante
collection étrusque rappelle que Cortona était l’une des plus riches
cités-Etats d’Étrurie.
Curtun étrusque
Ornement de la terrasse-autel du tumulus II de
Sodo (6e s. av.J.-C.)
Foculus, foyer portatif en bucchero avec
couverts (6e s. av.J.-C.)
Amphore en bucchero avec décoration « a
cilindretto »
Urne cinéraire en feuilles de bronze (7e
s. av.J.-C.)
Hache de parade en bronze (7e s.
av.J.-C.)
Triple protomés de cerf servant d’anses de
chaudron (7e s. av.J.-C.)
Statuette de centaure servant d’anse de
couvercle d’un petit seau à vin (7e s. av.J.-C.)
Cortona romaine
Urne en terre cuite reproduisant le mythe du
héros et de la charrue (2e s. av.J.-C.)
Statuettes en bronze dédiées aux dieux étrusques
Culsans et Selvans ; leur inhumation atteste de l’existence d’un rituel de
passage (3e s. av.J.-C.).
Tabula Cortonensis, la Table de Cortona, porte
une longue inscription en étrusque au sujet d’une transaction de terres (3e
s.- 2e s. av.J.-C.).
Lampadaire étrusque en bronze de Fratta de
Cortona ; il offre une décoration élaborée de harpies alternées avec des
satyres, autour d’un grand protomé central de Gorgone (4e s.
av.J.-C.).
Civilisation égyptienne
Couvercle de sarcophage en bois peint
Masque fait de perles de faïence
polychromes ; il est composé d’un filet pour le visage et d’un pectoral
posé sur le corps du défunt (7e s.- 4e s. av.J.-C.).
Barque funéraire en bois plâtré et peint ;
le défunt est placé devant le scribe et ses administrateurs, qui continueront à
l’aider dans l’au-delà (environ 2 000 av.J.-C.)
Le Livre de la Mort est un recueil de formules
pour protéger la personne décédée dans l’au-delà ; le papyrus était placé
sur la momie ou sur le sarcophage (2e s. av.J.-C.)
Statue en bois peint représentant Osiris.
Santuario di Santa Maria delle Grazie
al Calcinaio (14e s.)
Construite à
l’initiative d’une corporation de tanneurs, ce sanctuaire est l’œuvre du
Siennois Francesco di Giorgio Martini.
Il apparaît en contrebas d’Orvieto, dans un beau
paysage toscan.
De belles
proportions pour cette petite église avec plan en croix latine
Madone de Miséricorde, une petite fresque du 15e
siècle,
reprise par Guillaume de Marcillat dans ce
vitrail.
OMBRIE
GUBBIO
Sympathique chambre d’hôtes « Le Cerisier
du pèlerin », accueil avec des cerises et vue magnifique sur Gubbio et les
collines environnantes.
Dans la
vieille ville, on grimpe par une ruelle escarpée avant de trouver deux ascenseurs
permettant d’accéder au Palais ducal et au Duomo.
Loggia dei Tiratori della Lana, édifice à
arcades qui accueillait la corporation des tisserands (17e s.)
Campanile de
San Giovanni et Palazzo dei Consoli
Jolies maisons médiévales
et passages voûtés.
Sur la Piazza Grande ou Piazza della Signoria,
se dresse le Palazzo dei Consoli, le Palais des Consuls (14e s.),
face au Palazzo del Podestà.
En haut de la ville, belle vue sur les toits de
Gubbio,
l’abside du Duomo
et l’élégante cour du Palazzo Ducale.
Le Museo Comunale est hébergé dans le Palazzo dei Consoli :
L’immense
Salone où se tenaient les assemblées du peuple
Tavole Eugubine, du nom d’Iguvium, l’antique
Gubbio ; tables de bronze gravées et en ombrien antique, qui consignait
l’organisation politique (2e-1er s.av.J.-C.).
Plat représentant le mythe de Picos, Circé et
Canes, céramique du Mastro Giorgio (16e s.) ; c’est lui qui a
mis au point à Gubbio le « lustre rouge » à reflets métalliques obtenu
par un recuit en présence de sels de cuivre et d’argent.
Mère à l’Enfant, Mello da Gubbio (16e
s.).
PERUGIA, PÉROUSE
Perugia,
capitale de l’Ombrie, fut l’une des plus puissantes des douze cités-Etats qui
formaient l’Étrurie.
L’accès à la
vieille ville médiévale se fait par Minimétro au départ de l’immense parking de
la Piazzale Umbria Jazz, puis par ascenseur latéral.
Le Corso Vannucci, l’ancien cardo, mène à la magnifique
Piazza IV Novembre :
Au centre, la Fontana Maggiore, construite pour compléter
la construction de l’aqueduc qui apportait l’eau du mont Pacciano à Perugia (13e
s.) ; la vasque de bronze accueille trois nymphes qui portent une amphore
d’où jaillit l’eau.
La place est bordée par le Palazzo dei Priori,
le palais des Prieurs, fait de travertin et de marbre blanc et rose (14e
s.) ;
le portail gothique est surmonté du Griffon
pérugin et du Lion des guelfes ;
la chaire des harangues ;
le beau portail latéral donne accès à la salle
des audiences où siégeait le conseil des Marchands ;
bas-relief de Griffon, symbole de Perugia.
En face, la façade latérale inachevée du Duomo di San Lorenzo (15e s.) ;
au-dessus du fronton, le crucifix qui fut l’emblème de la résistance des
Pérugins pendant la guerre du Sel contre le pape Paul III ; à gauche, la statue
de bronze de Jules III qui avait redonné à la ville une partie de ses pouvoirs.
Déposition de
la Croix, Frederico Barocci (16e s.)
Stalles en marqueterie (16e s.)
La Via
dei Priori, l’ancien décumanus, mène à la Piazza San Francesco :
Chiesa San Francesco al Prato, sanctuaire
franciscain transformé en auditorium,
Oratorio di San Bernardino (15e s.),
le porche, finement sculpté et décoré de marbres colorés,
est encadré
d’anges musiciens.
Galleria Nazionale dell’Umbria, installée au dernier étage du Palazzo
dei Priori :
L’art du 13e s. en Ombrie
Croix en bois peint, St François au pied du
Christ, Maestro di San Francesco
Triptyque de Pérouse, Vierge à l’Enfant entre les
vies du Christ, de St François et Ste Claire, Maestro del Trittico di Perugia
Déposition, appartenant à un groupe de six
panneaux de l’Eglise St François de Pérouse
Porteuses d’eau en bronze et panneau en marbre
de la Fontana Maggiore de Pérouse
Griffons et Lions, bronzes d’origine de la
Fontana Maggiore
L’art du 14e s., les influences de Florence et de
Sienne
Vierge à l’Enfant et six anges, peinture sur
bois de Duccio di Boninsegna, église St Dominique de Pérouse
Vierge à
l’Enfant, ivoire sculpté et peint, Manufacture parisienne
Vierge à l’Enfant, Tabernacle en ivoire sculpté,
Manufacture parisienne
Croix de Santa Giuliana, en ivoire sculpté, os
et argent, Manufacture du Nord de l’Italie
L’art du 15e s.
Vierge à l’Enfant entre Jean Baptiste et Marie
Madeleine, Catherine d’Alexandrie et Jean l’Evangéliste, Taddeo di Bartolo, Polyptyque
de l’église St François de Pérouse ;
au verso, St
François vainquant l’orgueil, la luxure et l’avarice.
Vierge à l’Enfant avec des anges, Gentile da
Fabriano, église St Dominique de Pérouse
Vierge à l’Enfant avec des anges, détail d’un
polyptyque de Fra Angelico, église St Dominique de Pérouse
Coffret, Couples de jeunes et Vertus et génies
ailés, bois sculpté et os doré
Vierge de l’Humilité, Benozzo Gozzoli, Collège
de la nouvelle Sagesse de Pérouse
Vierge de l’Orchestre, Giovanni Boccati, église
St Simon et Judas de Pérouse
Annonciation
dont on admire l’effet de perspective de la colonnade, détail du Polyptyque de
St Antoine de Pérouse, Piero della Francesca ; ce peintre, mathématicien
et architecte, incarne l’idéal de l’artiste de la Renaissance.
Christ mort, Pietro di Cristoforo Vannucci, dit
Le Pérugin, chapelle des Prieurs du palais
Autel de
Santa Maria dei Fossi, Bernardino di Betto, dit Le Pinturicchio
L’art du 17e s.
Sainte Cécile jouant de l’épinette avec un ange,
huile sur toile de Orazio Lomi Gentileschi, couvent St François de Todi
Christ vivant, bronze doré du maître du baroque,
Gian Lorenzo Bernini, dit Le Bernin, Basilique St Pierre de Rome.
Beau musée
clair et didactique.
Le musée
archéologique est malheureusement fermé.
ASSIS, ASSISE, inscrite au Patrimoine
mondial de l’Humanité de l’UNESCO
Assise est
une ville sanctuaire qui fête cette année le 800e anniversaire de la
mort de St François (1 226).
Fils d’un
riche drapier et d’une mère française, François vécut une jeunesse agitée avant
de se convertir ; il fonda l’ordre des Frères mineurs ou Franciscains,
inspiré de de l’esprit de fraternité entre tous les êtres de la Création, de
minorité, comprise comme utile à tous et d’absolue pauvreté.
Sous l’influence
des Franciscains, Assise a réuni dès le 14e s., tous les grands
maîtres de Rome, Sienne et Florence, venus travailler sur le chantier de la
basilique ; Cimabue et Giotto infléchirent la rigueur byzantine vers un
art plus dramatique chargé d’émotion spirituelle.
Le
tremblement de terre de 1997 a vu s’effondrer le toit de la basilique, les
restaurateurs ont dû assembler près de 300 000 pièces pour reconstituer
ces chefs-d’oeuvre.
De Santa
Maria degli Angeli, un bus nous mène à Assise, au pied de la Basilique.
Basilique de San Francesco (13e s.)
Elle apparaît comme une imposante forteresse
reposant sur d’immenses arcardes.
Vue de la place inférieure, le campanile et les deux
églises qui se superposent.
Halte pour les pélerins
Basilique inférieure
Le porche Renaissance est orné d’une rosace.
L’intérieur est entièrement couvert de
magnifiques fresques des 13e et 14e siècles ; choeur
et transept droit où repose St François.
La voûte du choeur décrit le Triomphe de St
François et les trois vertus, l’Obéissance, la Pauvreté et la Chasteté (Giotto
et son école).
Dans le transept droit, l’enfance du
Christ : Madone avec quatre anges et St François (Cimabue)
Dans le transept gauche, la Passion du Christ
(école de Lorenzetti),
Déposition de la Croix (Pietro Lorenzetti)
Au-dessus de la chaire, Couronnement de la
Vierge (Maso, élève de Giotto)
Chapelle St Martin : St martin partage son
manteau (Simone Martini)
Museo del Tesoro
Cloître Sixte IV
Tapisserie
Missel de
l’Altare Maggiore, atelier de Louis IX, Paris (13e s.)
Reliquaire en bois et os sculpté (16e
s.)
Calice du pape Nicolas IV, premier pape
franciscain, argent plaqué or et émaux (13e s.)
Marie en adoration devant l’Enfant, huile sur
toile, Benvenuto Tisi, dit Le Garofalo (16e s.)
Basilique supérieure
D’architecture gothique, la basilique est
décorée de fresques évoquant la vie de St François (Giotto et son école) :
François invoque la paix sur la ville d’Arezzo, François
rencontre le Sultan Melek el Kamil,
La prédication aux oiseaux.
La Basilique supérieure et sa belle rosace.
Via San Francesco, une rue pittoresque mène au centre
d’Assise :
Maison médiévale à trois arches
Fenêtre trigéminée Renaissance
Lavoir
Escalier bien
mis en valeur.
Piazza del Comune
Elle occupe l’emplacement de l’ancien Forum
romain ;
le Tempio di Minerva (1er s.
av.J.-C.), doté de six colonnes corinthiennes, a été transformé en église ;
il est flanqué de la Torre del Popolo.
Cappella
della Madonna del Popolo
Fontana dei Tre Leoni
Cattedrale di San Rufino (11e -
13e s.)
Via San Rufino, passage voûté
et bicyclette fleurie.
Cattedrale San Rufino, belle façade romane à
trois portails et campanile à fenêtres géminées ;
une rosace de pierre surmonte la rangée de
colonnettes,
les lions
gardent l’entrée.
Basilica di Santa Chiara (13e
s.)
François
encouragea une jeune fille de la noblesse d’Assise, Claire, de fonder l’ordre
des Clarisses.
Décorée de calcaires rose et blanc, la basilique
est soutenue par d’imposants arcs-boutants ;
une jolie rosace surmonte le portail.
La voûte au-dessus de l’autel représente la
gloire céleste « au féminin », fresques du « Maestro di Santa
Chiara » (14e s.).
Assise est
une ville magnifique que l’on aurait aimé explorer plus longtemps.
Dans ce
dernier périple, nous avons particulièrement apprécié les nécropoles étrusques
de Cerveteri et Tarquinia. Les villes fortifiées gagneraient à être mieux
restaurées ; nos préférences vont à la cathédrale d’Orvieto, à la place du
4 novembre de Pérouse, et à la ville d’Assise et sa basilique St François.