SUR LES TRACES DES ETRUSQUES
Les Etrusques
s’établirent en Etrurie – région située entre le Tibre au Sud et l’Arno au Nord
– , en Campanie et dans la plaine du Pô.
Histoire (900-27 av. J.C.)
Période villanovienne (900-720
av. J.-C.) est
considérée comme la première phase de la civilisation étrusque, la plus
ancienne culture de l’âge de fer en Italie.
La fin de
cette période est marquée par des contacts avec la civilisation hellénique et
des échanges commerciaux avec le Nord, le long de la Route de l’Ambre.
Période d’orientalisation (720-580
av. J.-C.), influencée
par la culture de la Méditerranée Orientale.
De riches
aristocraties font étalage de leur prospérité avec des tombes recouvertes de
tumuli monumentaux.
Richesse
provenait de gisements miniers.
Des pôles
urbains se développent rapidement le long des côtes.
Période archaïque (580-480 av. J.-C.)
L’organisation
politique se fondait sur douze cités-Etats autonomes.
Ce régime
implique le développement de l’agriculture et du commerce ; les ateliers
de poteries fabriquent de la vaisselle dont le « bucchero » noir
caractéristique qui imite le métal.
Puissance
maritime : après leur victoire sur les Phocéens, les Etrusques s’emparent
de la Corse.
Période classique (480-320 av. J.-C.)
Les villes
côtières du Sud sont battues par Hiéron de Syracuse lors de la bataille de
Cumes. Au Nord, des tribus gauloises occupent une partie de la plaine du Pô.
Dans cette
bataille contre les Gaulois, certaines cités étrusques aident Rome qui leur
accorde la citoyenneté romaine.
Période hellénistique (320-27
av. J.-C.)
Petit à
petit, l’ocupation de l’Etrurie devient complète et la région se romanise.
La culture
étrusque se distingue de la grecque, qui l’a toutefois fortement influencée, et
de la romaine, laquelle s’est imprégnée en revanche des traditions et des
moeurs étrusques.
Langue
Les lettres
utilisées sont de type grec occidental, et l’écriture se fait de droite à
gauche.
Religion
La
religiosité évolue eu fil du temps : l’animisme de l’âge de fer est
remplacé par un panthéon de divinités anthropomorphes semblables aux grecques,
Tinia (Zeus), Uni (Héra), Mernva (Athéna).
Elle se
fondait sur des rituels et sur la pratique de la divination.
Le culte se
déroulait dans des temples avec pronaos, cella et alae (pièces latérales).
Artisanat
Le bucchero
est la poterie typique de la civilisation étrusque : afin d’imiter les
vases en métal, son procédé de cuisson à four fermé faisait carboniser le vase
qui prenait une couleur noire.
LAZIO
CERVETERI
Nécropole de Branditaccia, site UNESCO (7et s. av. J.-C. - 1er s. av. J.-C.)
Cette
nécropole, probablement de 20 000 tombes, se présente comme une cité avec
une voie principale ouvrant sur des tombes en forme de tumulus.
Les tombes archaïques sont très simples, tombes à incinération où l’urne était enterrée dans un petit puits, et inhumation du corps directement dans le sol. Elles deviennent progressivement plus profondes et plus grandes, creusées dans le tuf et recouvertes de terre.
Ce grand tumulus reposait sur un socle de pierre cerné de moulures ; il a accueilli quatre sépultures d’époques différentes :
Tombe de la Cabane, la première chambre recevait les objets du trousseau, dans la deuxième était déposé le couple défunt (7e s. av.J.-C.).
La Tombe des Vases grecs, dans laquelle ont été enterrés leurs descendants, prend la forme d’une maison avec des portes décorées de corniches,
et une poutre soutenant le toit.
Tombe des chapiteaux : ils sont ornés d’une palmette entourée de volutes, décor caractéristique du Moyen-Orient ; les sculptures du toit reproduisent les poutres et poutrelles d’une maison.
Tombe de la petite Maison : à gauche, le lit funéraire de l’homme, soutien de la famille, est incliné et repose sur des pieds, simulant un lit de banquet ; à droite, celui de la femme, protectrice du foyer, est décoré d’un petit toit.
Tombe du Pilastre : les espaces pour édifier un tumulus sont devenus rares, les tombes sont devenues des hypogées creusées dans le sol.
Un escalier descend vers La Tombe des Reliefs, celle d’un noble, Vel Natunas et de sa famille (4e s. av.J.-C.) ;
elle est richement décorée de stucs, frise avec des armes en haut, objets rituels ou du quotidien sur les piliers.
Sous le lit funéraire central à deux oreillers, deux monstres, Scylla avec des tentacules en guise de jambes et Cerbère, le chien à trois têtes gardien des Enfers.
TARQUINIA
Necropoli dei Monterozzi, site UNESCO
(9e s. av.J.-C. - 1er s. av.J.-C.)
Cette
nécropole de 6 000 tombes était située sur un plateau en tuf parallèle à
celui de la cité antique ; contrairement à Cerveteri, aucune architecture
extérieure n’est visible mais en descendant sous terre, on découvre des
chambres funéraires carrées couvertes de magnifiques peintures. Elles font leur
apparition au début du 6e siècle et deviennent une tradition pour
les classes supérieures qui décorent leur demeure pour l’au-delà.
Les tombes
peintes (du 6e au 5e s. av.J.-C.)
La tombe Bartoccini présente quatre chambres, la scène de banquet est ici peinte sur le fronton principal ; au Moyen-Âge, elle a été occupée par les Templiers qui y ont laissé des graffiti.
La tombe des Lionnes montre l’intérieur d’une maison décorée de deux lionnes ou femelles léopards. Entre les hommes qui banquètent, danseurs et musiciens jouent autour d’un cratère qui contenait le vin. Les dauphins et la mer symbolisent l’au-delà.
La tombe de la Chasse et de la Pêche comporte deux chambres ; dans la deuxième, un bel envol d’oiseaux dans une scène de pêche et de chasse ; on ne peut malheureusement pas voir le plongeon d’un jeune homme qui rappelle la « Tombe du Plongeur » de Paestum, une métaphore du passage de la vie à la mort.
La tombe du Chasseur représente une tente utilisée pour la chasse ; elle est décorée d’une frise avec animaux et guerriers.
Tombe des Bacchantes : autour des musiciens, des personnages dansent avec parfois une coupe de vin à la main ; sur le fronton, des lions saisissent des faons.
Tombe des Léopards, du nom des deux félins tachetés ; en dessous, une scène de banquet sur l’herbe où trois couples sont allongés sur des lits ;
à gauche, trois serviteurs et deux musiciens convergent vers la scène,
à droite, un personnage tend une coupe à deux musiciens.
Tombe de la Jeune Fille : au fond, se trouve la niche où était déposé le défunt ; au niveau du fronton, une tête de gorgone et deux petits génies ailés ; de chaque côté, deux musiciens jouent de la lyre et de la flute.
Muséo Nazionale Etrusco
Le musée étrusque est installé dans le palais Vitelleschi, achevé à la Renaissance (15e s.) ;
élégante cour intérieure.
Il abrite les
objets venant de l’ancienne Civita de Tarquinia, temple de l’Ara della Regina
et nécropole.
Sculpture funéraire archaïque
Décor du
dromos d’une tombe à chambres (6e s. av.J.-C.)
Lion
Tomba dei Partunu
Le Sarcofago del Sacerdote (4e s. av.J.-C.), en marbre de Paros, contenait les restes de Laris Partunus, fondateur de la tombe ;
les faces latérales sont décorées de scènes mythologiques : Achille venge la mort de son ami Patrocle.
Le Sarcofago del Magnate, fils de Laris, le Sacerdote (4e s. av.J.-C.) ; à ses pieds, une tête féminine entourée de deux sphinx ;
sur le bas-relief des faces latérales, le combat entre les Grecs et les Amazones.
Autres sarcophages
Sarcophage à couvercle sculpté d’une femme couchée qui tient dans la main un petit oiseau (4e s. av.J.-C.)
Sarcophage avec un faon (4e s. av.J.-C.)
Sarcophage du Magistrat, en position semi-assise, celle adoptée sur le klinai lors d’un banquet.
Chevaux ailés du temple de l’Ara della
Regina (4e
s. av.J.-C.)
Ces magnifiques chevaux ailés en terre cuite décoraient le fronton du sanctuaire de l’Autel de la Reine ; leur particularité est d’être formé d’un bas-relief, pattes arrière et queue, et d’un haut-relief pour l’avant du corps, la tête et les ailes finement sculptées se détachant de la surface.
Mythra sacrifie un taureau pour sauver le monde, marbre blanc (2e s.).
Collections d’objets trouvés dans les
tombes de la nécropole,
comportant de la vaisselle produite à Corinthe et des objets importés de Grèce
orientale.
Urne cinéraire
Chariot brûle-parfums en bronze en forme d’oiseau fantastique à tête cornue (8e s. av.J.-C.)
Unguentarium en impasto – technique de poterie étrusque – , en forme d’animal à tête cornue
Collier en faïence formé de pendentifs représentant des divinités égyptiennes (7e s. av.J.-C.)
Colliers en pâte de verre
Têtes de griffons en bronze, destinées à orner un chaudon (Grèce, 6e s. av.J.-C.)
Oenochoé, pichet à vin en bucchero, décoré par estampage (6e s. av.J.-C.)
Vase à figures noires, Dyonisos et Ariane : Ariane, fille de Minos, sur un bouc entre deux silènes (6e s. av.J.-C.).
Tête féminine en terre cuite, Ara della Regina (3e s. av.J.-C.)
Céramique à
décoration en relief (3e s. av.J.-C.)
Oenochoé de production attique, attribué à Charinos (5e s. av.J.-C.)
Kylix attique à figures rouges, portant deux signatures : l’une d’Euxitheos qui a façonné le vase, l’autre d’Oltos qui l’a décoré (6e s. av.J.-C.).
Collier avec pendentifs en or décorés de gorgone, triton... (6e s. av.J.-C.).
Ces
necropoles et ce musée nous ont permis de découvrir cette civilisation étrusque
méconnue.
CAPRAROLA
Palazzo Farnese (16e
s.)
Le cardinal
Alexandre Farnèse, futur pape Paul III, fait construire une forteresse sur un plan
pentagonal.
Son
petit-fils, Alexandre Farnèse le jeune, devient cardinal à 14 ans et fréquente
les cours européennes. Mécène et amateur d’art, il fait appel à l’architecte
Vignole pour transformer l’édifice fortifié en palais qui devient la résidence
estivale de la famille.
Le palais
Farnèse se couvre alors de fresques signées des maîtres italiens, Taddeo et
Frederico Zuccari, Giacomo Bertoja ; il est considéré comme un exemple de
Renaissance tardive, le maniérisme.
Le palais, en haut d’un escalier monumental, domine la ville.
Fresque de la
reconstruction du palais et de la ville, la Nova Caprarola.
La cour intérieure circulaire est entourée de portiques sur deux niveaux ;
au centre, un masque grotesque fait office d’impluvium.
Salle du printemps : la Rapt de Proserpine
L’escalier royal, un escalier hélicoïdal grandiose soutenu par des colonnes doubles et décoré des fleurs de lys des Farnèse ;
il mène à
l’étage noble réservé au cardinal.
Sur le dôme
de la chapelle circulaire, sont représentées des scènes de l’Ancien
Testament ; au centre, la création du ciel et de la terre.
Salle des Fastes Farnèse où ils sont représentés à tous leurs moments les plus glorieux ;
Charles Quint
et Alexandre Farnese.
Antichambre du Conseil : Investiture de Paul III
Salle d’Hermathéna, personnage combinant Mercure et Minerve, équivalents des grecs Hermès et Athéna ; cette pièce qui symbolise l’union de l’éloquence et de la sagesse, était le cabinet de travail du cardinal.
Salle du Jugement : le Jugement de Salomon.
Salle de la Carte du Monde ;
sur la voûte céleste, les constellations sont représentées par des figures mythologiques, et les étoiles sont placées selon les derniers précis d’astronomie.
Un faste à en
donner un peu le tournis !
Jolie route
forestière, les villages perchés sur des crêtes de tuf, sont enserrés dans des
fortifications.
On quitte le
Latium pour l’Ombrie.
OMBRIE
ORVIETO
Perchée sur
du tuf volcanique, couleur « Pierres dorées », Orvieto a été un grand
centre étrusque, puis, une commune libre rivale de Sienne et enfin une place
forte papale où se réfugia Clément VII.
Le
funiculaire ne fonctionne pas mais les navettes mènent à la vieille ville en
continu.
La Via Cavour est une petite rue
sympathique mais un peu désuète.
Porta Rocca et les fortifications
d’Orvieto
Torre Forte
Duomo
(14e s.)
Construit en
tuf pour accueillir des reliques du miracle de Bolsena, sa somptueuse
décoration ne fut achevée que plusieurs siècles plus tard.
Il s’élève, majestueux, de pierres blanches et noires, en style romano-gothique.
Le haut de la façade est décoré de mosaïques et de marbres ; la rosace est entourée des statues des apôtres et des prophètes ; la mosaïque de la flèche relate le Couronnement de la Vierge ;
en bas, la façade s’habille des bas-reliefs du Siennois Lorenzo Maitani,
détail du Jugement dernier.
L’Agneau de Dieu, à ne pas confondre avec la louve !
Décoration
des piliers de style cosmatesque
A l’intérieur, les fonts baptismaux gothiques
Fresque de la Vierge à l’Enfant, Gentile da Fabriano (15e s.)
Reliquaire orné d’émaux et de gemmes, du corporal qui enveloppa l’hostie ensanglantée (14e s.).
La chapelle de la Madone de St Brice est décorée de fresques :
La voûte a été commencée par Fra Angelico (15e s.), le Christ juge parmi les anges.
Les fresques ont été reprises par Luca Signorelli : La fin du monde, le soleil et la lune se voilent, la terre tremble, la sibylle feuillette son livre prophétique avec le prophète David ; les démons ailés libèrent une pluie de feu,
la terreur se lit sur les visages.
La cathédrale
d’Orvieto a été une belle découverte.
TOSCANE
AREZZO
Arezzo est
une ville riche d’histoire, couverte de palais. Du parking, une série d’escaliers
roulants mène au pied du Duomo, ce qui nous a permis de loger dans la vieille
ville.
Basilica
di San Francesco (14e s.)
La façade de cette église franciscaine n’a jamais été achevée.
Le pape
Honorius III approuve l’indulgence de saint François d’Assise, vitrail du
verrier français, Guillaume de Marcillat (16e s.).
Santa Maria della Pieve (12e
s.), a été remaniée
au 16e s. par Vasari qui y est enterré.
En style roman pisan, sa façade possède trois étages de colonnettes ; son campanile est dit des Cent Trous !
et l’élégant
Palazzo della Fraternita dei Laici (14e-15e s.).
Duomo (13e s.)
Façade récemment achevée
Portail latéral romano-gothique
Problème de mise en page blogger, je vais attendre qu'il reprenne ses esprits...
Nous sommes à Elbe et partirons en Corse le 26 juin.