Odile et Jacques

Odile et Jacques
Odile et Jacques

mardi 23 juin 2026

Du mardi 9 juin au mercredi 17 juin 2026 : EXCURSION dans le LATIUM, la TOSCANE et l’OMBRIE

SUR LES TRACES DES ETRUSQUES

Les Etrusques s’établirent en Etrurie – région située entre le Tibre au Sud et l’Arno au Nord – , en Campanie et dans la plaine du Pô.

Histoire (900-27 av. J.C.)

Période villanovienne (900-720 av. J.-C.) est considérée comme la première phase de la civilisation étrusque, la plus ancienne culture de l’âge de fer en Italie.

La fin de cette période est marquée par des contacts avec la civilisation hellénique et des échanges commerciaux avec le Nord, le long de la Route de l’Ambre.

Période d’orientalisation (720-580 av. J.-C.), influencée par la culture de la Méditerranée Orientale.

De riches aristocraties font étalage de leur prospérité avec des tombes recouvertes de tumuli monumentaux.

Richesse provenait de gisements miniers.

Des pôles urbains se développent rapidement le long des côtes.

Période archaïque (580-480 av. J.-C.)

L’organisation politique se fondait sur douze cités-Etats autonomes.

Ce régime implique le développement de l’agriculture et du commerce ; les ateliers de poteries fabriquent de la vaisselle dont le « bucchero » noir caractéristique qui imite le métal.

Puissance maritime : après leur victoire sur les Phocéens, les Etrusques s’emparent de la Corse.

Période classique (480-320 av. J.-C.)

Les villes côtières du Sud sont battues par Hiéron de Syracuse lors de la bataille de Cumes. Au Nord, des tribus gauloises occupent une partie de la plaine du Pô.

Dans cette bataille contre les Gaulois, certaines cités étrusques aident Rome qui leur accorde la citoyenneté romaine.

Période hellénistique (320-27 av. J.-C.)

Petit à petit, l’ocupation de l’Etrurie devient complète et la région se romanise.

La culture étrusque se distingue de la grecque, qui l’a toutefois fortement influencée, et de la romaine, laquelle s’est imprégnée en revanche des traditions et des moeurs étrusques.

Langue

Les lettres utilisées sont de type grec occidental, et l’écriture se fait de droite à gauche.

Religion

La religiosité évolue eu fil du temps : l’animisme de l’âge de fer est remplacé par un panthéon de divinités anthropomorphes semblables aux grecques, Tinia (Zeus), Uni (Héra), Mernva (Athéna).

Elle se fondait sur des rituels et sur la pratique de la divination.

Le culte se déroulait dans des temples avec pronaos, cella et alae (pièces latérales).

Artisanat

Le bucchero est la poterie typique de la civilisation étrusque : afin d’imiter les vases en métal, son procédé de cuisson à four fermé faisait carboniser le vase qui prenait une couleur noire.

LAZIO

CERVETERI

Nécropole de Branditaccia, site UNESCO (7et s. av. J.-C. - 1er s. av. J.-C.)


Cette nécropole, probablement de 20 000 tombes, se présente comme une cité avec une voie principale ouvrant sur des tombes en forme de tumulus.






Les tombes archaïques sont très simples, tombes à incinération où l’urne était enterrée dans un petit puits, et inhumation du corps directement dans le sol. Elles deviennent progressivement plus profondes et plus grandes, creusées dans le tuf et recouvertes de terre. 



Ce grand tumulus reposait sur un socle de pierre cerné de moulures ; il a accueilli quatre sépultures d’époques différentes :







Tombe de la Cabane, la première chambre recevait les objets du trousseau, dans la deuxième était déposé le couple défunt (7e s. av.J.-C.).







La Tombe des Vases grecs, dans laquelle ont été enterrés leurs descendants, prend la forme d’une maison avec des portes décorées de corniches, 






et une poutre soutenant le toit.






Tombe des chapiteaux : ils sont ornés d’une palmette entourée de volutes, décor caractéristique du Moyen-Orient ; les sculptures du toit reproduisent les poutres et poutrelles d’une maison.  





Tombe de la petite Maison : à gauche, le lit funéraire de l’homme, soutien de la famille, est incliné et repose sur des pieds, simulant un lit de banquet ; à droite, celui de la femme, protectrice du foyer, est décoré d’un petit toit.   






Tombe du Pilastre : les espaces pour édifier un tumulus sont devenus rares, les tombes sont devenues des hypogées creusées dans le sol.  






Un escalier descend vers La Tombe des Reliefs, celle d’un noble, Vel Natunas et de sa famille (4e s. av.J.-C.) ;




 


elle est richement décorée de stucs, frise avec des armes en haut, objets rituels ou du quotidien sur les piliers.




 


Sous le lit funéraire central à deux oreillers, deux monstres, Scylla avec des tentacules en guise de jambes et Cerbère, le chien à trois têtes gardien des Enfers.




TARQUINIA

Necropoli dei Monterozzi, site UNESCO (9e s. av.J.-C. - 1er s. av.J.-C.)

Cette nécropole de 6 000 tombes était située sur un plateau en tuf parallèle à celui de la cité antique ; contrairement à Cerveteri, aucune architecture extérieure n’est visible mais en descendant sous terre, on découvre des chambres funéraires carrées couvertes de magnifiques peintures. Elles font leur apparition au début du 6e siècle et deviennent une tradition pour les classes supérieures qui décorent leur demeure pour l’au-delà.





Les premières tombes étuis lithiques préhistoriques contenaient l’urne cinéraire ; elles étaient déposées dans une sorte de puits  (9e s. av.J.-C.)









Les tombes peintes (du 6e au 5e s. av.J.-C.)



La tombe Bartoccini présente quatre chambres, la scène de banquet est ici peinte sur le fronton principal ; au Moyen-Âge, elle a été occupée par les Templiers qui y ont laissé des graffiti.



La tombe des Lionnes montre l’intérieur d’une maison décorée de deux lionnes ou femelles léopards. Entre les hommes qui banquètent, danseurs et musiciens jouent autour d’un cratère qui contenait le vin. Les dauphins et la mer symbolisent l’au-delà.




La tombe de la Chasse et de la Pêche comporte deux chambres ; dans la deuxième, un bel envol d’oiseaux dans une scène de pêche et de chasse ; on ne peut malheureusement pas voir le plongeon d’un jeune homme qui rappelle la « Tombe du Plongeur » de Paestum, une métaphore du passage de la vie à la mort.




La tombe du Chasseur représente une tente utilisée pour la chasse ; elle est décorée d’une frise avec animaux et guerriers.





Tombe des Bacchantes : autour des musiciens, des personnages dansent avec parfois une coupe de vin à la main ; sur le fronton, des lions saisissent des faons.  





Tombe des Léopards, du nom des deux félins tachetés ; en dessous, une scène de banquet sur l’herbe où trois couples sont allongés sur des lits ;





à gauche, trois serviteurs et deux musiciens convergent vers la scène,






à droite, un personnage tend une coupe à deux musiciens.





Tombe de la Jeune Fille : au fond, se trouve la niche où était déposé le défunt ; au niveau du fronton, une tête de gorgone et deux petits génies ailés ; de chaque côté, deux musiciens jouent de la lyre et de la flute.




 Muséo Nazionale Etrusco




Le musée étrusque est installé dans le palais Vitelleschi, achevé à la Renaissance (15e s.) ;






élégante cour intérieure.






Il abrite les objets venant de l’ancienne Civita de Tarquinia, temple de l’Ara della Regina et nécropole.

Sculpture funéraire archaïque 




Décor du dromos d’une tombe à chambres (6e s. av.J.-C.) 






Lion






Tomba dei Partunu



Le Sarcofago del Sacerdote (4e s. av.J.-C.), en marbre de Paros, contenait les restes de Laris Partunus, fondateur de la tombe ; 






les faces latérales sont décorées de scènes mythologiques : Achille venge la mort de son ami Patrocle.





Le Sarcofago del Magnate, fils de Laris, le Sacerdote (4e s. av.J.-C.) ; à ses pieds, une tête féminine entourée de deux sphinx ;





sur le bas-relief des faces latérales, le combat entre les Grecs et les Amazones.




Autres sarcophages



Sarcophage à couvercle sculpté d’une femme couchée qui tient dans la main un petit oiseau (4e s. av.J.-C.)






Sarcophage avec un faon (4e s. av.J.-C.)






Sarcophage du Magistrat, en position semi-assise, celle adoptée sur le klinai lors d’un banquet.






Chevaux ailés du temple de l’Ara della Regina (4e s. av.J.-C.)


Ces magnifiques chevaux ailés en terre cuite décoraient le fronton du sanctuaire de l’Autel de la Reine ; leur particularité est d’être formé d’un bas-relief, pattes arrière et queue, et d’un haut-relief pour l’avant du corps, la tête et les ailes finement sculptées se détachant de la surface.










Mythra était considérée à l’époque hellénistique, comme la médiatrice entre les hommes et les dieux ; 






Mythra sacrifie un taureau pour sauver le monde, marbre blanc  (2e s.).





Collections d’objets trouvés dans les tombes de la nécropole, comportant de la vaisselle produite à Corinthe et des objets importés de Grèce orientale.





Urne cinéraire








Chariot brûle-parfums en bronze en forme d’oiseau fantastique à tête cornue (8e s. av.J.-C.)






Unguentarium en impasto – technique de poterie étrusque – , en forme d’animal à tête cornue






Collier en faïence formé de pendentifs représentant des divinités égyptiennes (7e s. av.J.-C.)






Colliers en pâte de verre









Têtes de griffons en bronze, destinées à orner un chaudon (Grèce, 6e s. av.J.-C.)








Oenochoé, pichet à vin en bucchero, décoré par estampage (6e s. av.J.-C.)







Vase à figures noires, Dyonisos et Ariane : Ariane, fille de Minos, sur un bouc entre deux silènes (6e s. av.J.-C.).









Tête féminine en terre cuite, Ara della Regina (3e s. av.J.-C.)








Céramique à décoration en relief (3e s. av.J.-C.)






Oenochoé de production attique, attribué à Charinos (5e s. av.J.-C.)








Kylix attique à figures rouges, portant deux signatures : l’une d’Euxitheos qui a façonné le vase, l’autre d’Oltos qui l’a décoré (6e s. av.J.-C.).






Collier avec pendentifs en or décorés de gorgone, triton... (6e s. av.J.-C.).





Ces necropoles et ce musée nous ont permis de découvrir cette civilisation étrusque méconnue.

CAPRAROLA

Palazzo Farnese (16e s.)  

Le cardinal Alexandre Farnèse, futur pape Paul III, fait construire une forteresse sur un plan pentagonal.

Son petit-fils, Alexandre Farnèse le jeune, devient cardinal à 14 ans et fréquente les cours européennes. Mécène et amateur d’art, il fait appel à l’architecte Vignole pour transformer l’édifice fortifié en palais qui devient la résidence estivale de la famille.

Le palais Farnèse se couvre alors de fresques signées des maîtres italiens, Taddeo et Frederico Zuccari, Giacomo Bertoja ; il est considéré comme un exemple de Renaissance tardive, le maniérisme. 




Le palais, en haut d’un escalier monumental, domine la ville.







Fresque de la reconstruction du palais et de la ville, la Nova Caprarola.






La cour intérieure circulaire est entourée de portiques sur deux niveaux ; 





 


au centre, un masque grotesque fait office d’impluvium.








Salle du printemps : la Rapt de Proserpine








L’escalier royal, un escalier hélicoïdal grandiose soutenu par des colonnes doubles et décoré des fleurs de lys des Farnèse ;





 



il mène à l’étage noble réservé au cardinal.








Sur le dôme de la chapelle circulaire, sont représentées des scènes de l’Ancien Testament ; au centre, la création du ciel et de la terre.






Salle des Fastes Farnèse où ils sont représentés à tous leurs moments les plus glorieux ;






Charles Quint et Alexandre Farnese.






Antichambre du Conseil : Investiture de Paul III






Salle d’Hermathéna, personnage combinant Mercure et Minerve, équivalents des grecs Hermès et Athéna ; cette pièce qui symbolise l’union de l’éloquence et de la sagesse, était le cabinet de travail du cardinal.







Salle du Jugement : le Jugement de Salomon.







Salle de la Carte du Monde ;






sur la voûte céleste, les constellations sont représentées par des figures mythologiques, et les étoiles sont placées selon les derniers précis d’astronomie.





Un faste à en donner un peu le tournis !

Jolie route forestière, les villages perchés sur des crêtes de tuf, sont enserrés dans des fortifications.

On quitte le Latium pour l’Ombrie.

OMBRIE

ORVIETO  

Perchée sur du tuf volcanique, couleur « Pierres dorées », Orvieto a été un grand centre étrusque, puis, une commune libre rivale de Sienne et enfin une place forte papale où se réfugia Clément VII.

Le funiculaire ne fonctionne pas mais les navettes mènent à la vieille ville en continu.

La Via Cavour est une petite rue sympathique mais un peu désuète.




Porta Rocca et les fortifications d’Orvieto








          Torre Forte










            Piazza della Repubblica, église Sant’Andrea et son curieux campanile à douze côtés.







Duomo (14e s.)

Construit en tuf pour accueillir des reliques du miracle de Bolsena, sa somptueuse décoration ne fut achevée que plusieurs siècles plus tard.




Il s’élève, majestueux, de pierres blanches et noires, en style romano-gothique.







Le haut de la façade est décoré de mosaïques et de marbres ; la rosace est entourée des statues des apôtres et des prophètes ; la mosaïque de la flèche relate le Couronnement de la Vierge ;




en bas, la façade s’habille des bas-reliefs du Siennois Lorenzo Maitani,







détail du Jugement dernier.







L’Agneau de Dieu, à ne pas confondre avec la louve !







Décoration des piliers de style cosmatesque









A l’intérieur, les fonts baptismaux gothiques









Fresque de la Vierge à l’Enfant, Gentile da Fabriano (15e s.)









Reliquaire orné d’émaux et de gemmes, du corporal qui enveloppa l’hostie ensanglantée (14e s.).








La chapelle de la Madone de St Brice est décorée de fresques :







La voûte a été commencée par Fra Angelico (15e s.), le Christ juge parmi les anges.




Les fresques ont été reprises par Luca Signorelli : La fin du monde, le soleil et la lune se voilent, la terre tremble, la sibylle feuillette son livre prophétique avec le prophète David ; les démons ailés libèrent une pluie de feu,








la terreur se lit sur les visages.







La cathédrale d’Orvieto a été une belle découverte.

TOSCANE

AREZZO

Arezzo est une ville riche d’histoire, couverte de palais. Du parking, une série d’escaliers roulants mène au pied du Duomo, ce qui nous a permis de loger dans la vieille ville.

Basilica di San Francesco (14e s.)





La façade de cette église franciscaine n’a jamais été achevée.








Derrière l’autel, la Cappella Bacci est décorée des fresques de Piero della Francesca (15e s.) ; elles illustrent la Légende de la Vraie Croix d’après La Légende dorée :







Crucifix du Maître de Saint-François (13et s.)







La reine de Saba refuse de passer le pont construit avec le bois dont sera faite la Croix du Sauveur ; à Jérusalem, elle révèle sa vision à Salomon.











            L’ange annonce à Marie la crucifixion de son fils ; il tient à la main la palme des martyrs et non le lys de la virginité.














           Hélène, mère de Constantin, fait déterrer les trois croix, la résurrection d’un mort lui permet de reconnaître celle du Christ ; l’empereur chrétien Héraclius vainc le roi des Perses Chosroès qui s’était emparé de la Croix pour en orner son trône, et la rapporte à Jérusalem.







             





            Triptyque, la Vierge donne la ceinture à St Thomas.












           Le pape Honorius III approuve l’indulgence de saint François d’Assise, vitrail du verrier français, Guillaume de Marcillat (16e s.).





Santa Maria della Pieve (12e s.), a été remaniée au 16e s. par Vasari qui y est enterré.








           En style roman pisan, sa façade possède trois étages de colonnettes ;  son campanile est dit des Cent Trous !








Le portail roman est décentré.













              Croix peinte, Margarito di Arezzo (13e s.)















Polyptique, Pietro Lorenzetti (14e s.)





Piazza Grande


          Cette magnifique place médiévale se pavoise pour la Giostra del Saricino : la Casa-Torre Cofani, maison-tour au sommet crénelé,










et l’élégant Palazzo della Fraternita dei Laici (14e-15e s.).







Duomo (13e s.)




             Façade récemment achevée







Portail latéral romano-gothique






Cette cathédrale conserve un cycle de sept vitraux de Guillaume de Marcillat qui réussit à mettre en scène ses personnages malgré le format vertical (16e s.) :


Le Christ chassant les marchands du Temple






















La résurrection de Lazare
















Sainte Marie-Madeleine, fresque de Piero della Francesca (15e s.)









Problème de mise en page blogger, je vais attendre qu'il reprenne ses esprits...

Nous sommes à Elbe et partirons en Corse le 26 juin.