Odile et Jacques

Odile et Jacques
Odile et Jacques

dimanche 1 juillet 2012

Du lundi 25 au vendredi 29 juin : EXCURSION MER MORTE et CISJORDANIE


Nous partons à l’aventure, sac à dos, en bus…

LA MER MORTE


La mer Morte forme un immense lac au milieu du désert, à 400 mètres sous le niveau de la mer, à la frontière entre Israël, la Cisjordanie et la Jordanie.
Alimentée par le Jourdain, son niveau baisse régulièrement ; l’évaporation en augmente la salinité, dix fois plus que celle des océans, ce qui ne laisse aucune chance aux poissons…
Depuis l’Antiquité, les sels de la mer Morte et les bains de boue soufrée sont connus pour leurs effets thérapeutiques (dermatologique et rhumatologique).






Incontournable, le bain où on se laisse flotter…










La réserve naturelle d’Ein Gedi






Au milieu du désert de Judée, 











la rivière a creusé une gorge, le Wadi David que nous remontons jusqu’à la cascade de David.










Tout au long du chemin, des bassins d’eau douce où il fait bon se rafraîchir…







Bus jusque Massada; stupéfaction et instant de flottement à l’arrivée : pas de village, seulement une auberge de jeunesse qui n’a plus de place…
Les prix sont prohibitifs au kibboutz voisin ; nous retournons donc en bus à Ein Gedi où l’auberge nous propose une chambre familiale (120 euros pour nous quatre ; on tire à la courte paille pour savoir qui dormira dans le lit du haut ; confort sommaire mais suffisant), cela nous rappelle notre jeune temps qui n’est pas si loin !




Massada


Le réveil sonne à 3H30, un taxi nous emmène au pied de la falaise de Massada ; nous empruntons le chemin du serpent, la montée est rude et dure près d’une heure;





nous arrivons dans la forteresse, juste au lever du soleil sur la mer Morte, les couleurs sont magnifiques, le paysage est grandiose, nous sommes récompensés de nos efforts !






Massada, immense bastion qui domine la mer Morte a été investi par Hérode, roi de Judée qui voulait en faire un refuge : au I° siècle, il y a fait construire deux luxueux palais qu’il n’aura pas le temps d’occuper, des tours, des casernes, des entrepôts…
Les Zélotes, rebelles juifs, ont alors investi la forteresse avant que les Romains n’en fassent le siège ; au bout de quelques mois, les Zélotes ont mis le feu à leurs maisons et se sont suicidés pour éviter de se rendre aux Romains…
Cet acte de résistance est un haut-fait de l’histoire juive ; récemment encore, les recrues de l’armée de Tsahal prêtaient serment en disant : « Massada ne tombera pas une seconde fois ».







Maison des officiers










Entrepôts de nourriture et d’armes











Palais d’Hérode






Pavement de mosaïques





En contrebas, un des 8 camps romains









Bus jusque Jérusalem où nous logeons à l’hôtel Impérial (confort moyen, 60 euros, caverne d’Ali Baba)




VISITE DE LA CISJORDANIE ou WEST BANK



Bus jusqu’au mur, à l’entrée de Bethléem ; nous franchissons le check point à pied et prenons un taxi jusqu’à la place de la Crèche où se trouve le Peace Center ; Myriam nous trouve une chambre dans deux familles chrétiennes palestiniennes qui nous reçoivent à bras ouverts (60 euros, repas du soir inclus, bon confort).

Le mur de la « Sécurité », ou de  la « Honte » selon les points de vue empiète sur  le territoire palestinien, et permet aux Israéliens de contrôler les ressources aquifères.
Depuis sa construction en 2002, les Palestiniens vivent « dans une prison à ciel ouvert » et ne peuvent se déplacer librement, même en Cisjordanie ; pour aller à Ramallah, à 30km, il faut contourner Jérusalem et passer 3 check points, ce qui prend 2 heures et demie ; l’accès à Jérusalem est interdit sauf avec un laissez-passer, valable uniquement le jour de Noël ou le jour de Pâques ; l’accès aux soins est difficile…
Il n’y a pas de travail en Palestine pour les diplômés : le fils de notre hôte est professeur de mathématiques dans une université américaine.
La minorité palestinienne chrétienne subit des pressions, aussi bien de la part des Israéliens que de celle des musulmans ; elle ne représente plus que 1% de la population de Cisjordanie.

Bethléem, lieu de naissance du Christ.




La basilique de la Nativité, église orthodoxe fondée par l’empereur Constantin au IV° siècle, abrite la grotte de la Crèche, signalée par une étoile à 14 branches (comme les 14 stations du Chemin de Croix) ;







nous assistons à une messe très intime et émouvante.






L’église Sainte Catherine : à chaque Noël, la messe de minuit y est célébrée et retransmise au monde entier.











Musée du vieux Bethléem













Le souk est très coloré et très animé ;












les femmes portent l’habit traditionnel brodé au point de croix.













Le Mur, érigé par les Israéliens il y a tout juste 10 ans ;










les jeunes Palestiniens le couvrent de graffiti appelant à la paix ou à la révolte.








Jéricho, la plus vieille ville au monde, habitée depuis sa fondation il y a 10000 ans ; c’est aussi la ville la plus basse, juste au Nord de la mer Morte.







Vieux Jéricho













Palais d’Hisham (VIII° siècle), pavillon de chasse du calife Hisham,












au décor de style arabe primitif














et pavement de mosaïques de l’Arbre de vie.
















Sur la route du mont de la Tentation,










où s’accroche le monastère de la quarantaine (XII° siècle),












il ne reste plus que deux moines, grecs orthodoxes.












L’arbre de Zachée, collecteur d’impôts  converti, un sycomore de 2000 ans










Hébron


Nicola de l’association WI’AM (The Palestinian Conflict Resolution Centre), nous emmène à Hébron.
Sur la route, des colonies juives visent à isoler le Nord et le Sud de la Cisjordanie (West Bank ou rive ouest du Jourdain) ; les Israéliens contrôlent l’approvisionnement en eau et peuvent bloquer les routes ou fermer les check points quand ils le veulent.
Cinq colonies au cœur même de la ville d’Hébron peuplées de juifs orthodoxes censés étudier et de Russes et Ethiopiens récemment immigrés.
Il y a quelques années, un fanatique juif a abattu 28 musulmans qui priaient à la mosquée ; depuis, le souk a été déplacé, laissant les magasins à l’abandon.
Les affrontements sont fréquents ; nous visitons une famille palestinienne qui n’aurait aucune nouvelle de leur fils, arrêté il y a une semaine…






Partout, des caméras de surveillance, des tours de guet ; il y a 4000 soldats israéliens pour protéger 500 colons juifs !









Jeune vendeur de jus de fruits















Joueur de vièle












La mosquée d’Ibrahim abrite les tombeaux des Patriarches (Abraham, Isaac et Jacob), ainsi que celui de Sarah ; une partie est reconvertie en synagogue.






Entrée à la mosquée










Tombeau d’Abraham










Jeunes palestiniennes









Au retour, halte dans un atelier de verre soufflé avant de rentrer à Bethléem.








Nous avons passé deux journées riches de rencontres, en particulier celle de Myriam du Peace Center ; elle nous emmène goûter un knafeh, délicieuse pâtisserie au fromage.

En tant que Français, nous avons été partout très bien accueillis ; les jeunes Palestiniens sont très souriants ; pour leurs parents, notre visite apporte l’espoir et ils nous ont tous demandé de témoigner afin de mobiliser la Communauté Internationale.

Dimanche 24 juin : VISITE DE JAFFA et FIN DE L’EMYR

La vieille ville de Jaffa aurait été fondée par le fils de Noé, après le Déluge ; c’était un important port dans l’Antiquité qui a vu débarquer les pèlerins en route pour la Terre Sainte, ainsi que les premiers migrants juifs.





La ville d’architecture ottomane est en pleine rénovation.













Couvent franciscain ; Saint Pierre de Jaffa a reçu Napoléon















Jolies ruelles où se sont installés artistes et joailliers



















Les maisons sont signalées par un signe du zodiaque









Remise de diplômes et repas pour marquer la fin de l’EMYR ; ce rallye international où régnaient la complicité et l’entraide, a représenté pour nous une expérience enrichissante, tant du point de vue culturel que du point de vue humain ; nous nous sommes faits de nombreux amis, surtout francophones car la barrière de la langue ne permet pas d’approfondir les relations…

Les bateaux se quittent à regret: certains reprennent la mer dès demain, d’autres poursuivent la visite ; pour Marie-Christine et Christian d’Agapanthe et nous, ce sera d’abord la mer Morte et la Cisjordanie, puis la Jordanie, la semaine suivante.

Vendredi 22 et samedi 23 juin : REPOS




Pour se mettre en condition avant la grande chaleur, marche le long de l’immense plage de sable fin et cours de yoga par Sarah, la sympathique australienne.







A côté de la marina, un immense mall commercial, avec un supermarché comme on n’en avait pas vu depuis longtemps.

Repas à quatre mains à bord de Thira avec Agapanthe, Vanille et Nymphéa ; on passe tous une excellente soirée.

Le lendemain, le belgo-français Kintukani, accueille l’EMYR à bord de son catamaran.

Jeudi 21 juin : ASHKELON – HERZLIYA (35M)


Route au nord, la plupart du temps au moteur vers la capitale d’Israël, Tel Aviv.
Amarrage dans la marina d’Herzliya.

Du lundi 18 au mercredi 20 juin : ESCAPADE A JERUSALEM

Après deux bus et un tramway, nous voici à la porte de Jaffa, à l’entrée de la vieille ville ; on trouve un hôtel qui s’apparente à une auberge de jeunesse, le Pétra Hôtel (confort simple, un peu vieillot, Wifi, magnifique vue de la terrasse, 58 euros) où on dépose nos sacs à dos.






Porte de Jaffa





Vue sur le Mont du Temple et le Mont des oliviers










On y rencontre une française juive qui chaque année vient en Israël en tant que volontaire ; son point de vue est moins idyllique que celui de notre guide de Galilée…

LA VIEILLE VILLE DE JERUSALEM, ville trois fois sainte, dont l’histoire se confond avec celle d’Israël, ne peut laisser personne indifférent.
Dans un ballet incessant, se croisent les religieux de toutes confessions ainsi que les enfants qui vont à l’école coranique, hébraïque ou chrétienne…

Les remparts, construits au XVI° siècle par le sultan Soliman le Magnifique entourent la vieille ville ; elle est divisée en quatre quartiers (juif, musulman, chrétien et arménien) qui entourent le Mont du Temple.


                                                   Rempart Ouest – La Citadelle

La Citadelle de Jérusalem ou Tour de David, à côté de la porte de Jaffa date du roi Hérode et a été ensuite maintes fois remaniée par ses habitants.







La Citadelle









Elle abrite le très intéressant Musée de l’histoire de Jérusalem, de l’époque cananéenne à nos jours , en passant par les époques du premier et du second Temple, romaine, byzantine, islamique, des croisés, ayyubide, mamelouke, ottomane, britannique et enfin jordanienne.
Après la « guerre des six jours » en 1967, Israël récupère la vieille ville de Jérusalem.
L’UNESCO a inscrit la vieille ville au Patrimoine mondial de l’Humanité.

LE QUARTIER MUSULMAN


Mont du Temple ou Haram Ash-Sharif
Ce mont est sacré pour les juifs car il représente le lieu de la création du monde et du sacrifice d’Isaac ; Salomon y fit bâtir le Premier Temple où il déposa l’Arche d’alliance (X° siècle av. J.-C.); il fut détruit par Nabuchodonosor et remplacé par le Second Temple (V° siècle av. J.-C.), embelli ensuite par Hérode.
Au VII° siècle, Mahomet aurait en une nuit fait le voyage à Jérusalem pour rejoindre Allah au ciel ;  le Mont du Temple devint, lui aussi, un lieu saint pour les musulmans.
Cette esplanade magnifique, bordée par des bâtiments mamelouks, sert d’écrin aux mosquées d’Omar et Al-Aqsa.

La mosquée d’Omar ou Dôme du Rocher (VII° siècle)






domine Jérusalem de sa coupole dorée à l’or fin ; 










la mosquée est recouverte de majoliques bleues et vertes et décorée de versets du Coran (XVI° siècle)




















La mosquée Al-Aqsa « la plus lointaine » où se serait rendu Mahomet ;






c’est peut-être là que Jésus a chassé les marchands du temple.








L’accès au mont du temple est très réglementé : une heure par jour, l’entrée pour les non-musulmans se faisant par une porte spéciale (le drapeau israélien que l’on avait acheté dans le souk pour Thira est confisqué par la police) ; la visite des mosquées est interdite aux non-musulmans depuis une dizaine d’années…

La porte de Damas








élégante porte ottomane, s’ouvre sur le quartier musulman.







Le souk, aux ruelles pittoresques est très animé toute la journée : légumes, épices, sacs et sandales en cuir, orfèvrerie… 






On trouve chez le même marchand, les croix chrétiennes, le keffieh arabe, la kippa juive.







LE QUARTIER JUIF


Le mur occidental ou Mur des lamentations






est tout ce qui reste du mur de soutènement du Second Temple de Jérusalem, lieu sacré pour les juifs ; 









il représente une immense synagogue à ciel ouvert où viennent prier les juifs, hommes et femmes séparés, selon la loi juive orthodoxe.









C’est aussi le lieu privilégié pour célébrer les bar-mitsvas qui marquent l’entrée des jeunes adolescents juifs dans l’âge adulte.




















On glisse un vœu, une prière dans les fentes du mur…

















La nuit, le spectacle devient impressionnant voire inquiétant : les hassidim, juifs ashkénazes (venus d’Europe centrale et orientale) ultra-orthodoxes sont vêtus d’un long manteau et de bas noirs, coiffés d’un chapeau noir et portent barbe et papillotes ; ils psalmodient et se prosternent devant le mur, certains semblent complètement déconnectés de la réalité, quasiment en transes…
Les femmes, flanquées de nombreux enfants, portent des vêtements longs et une perruque.
Tous, quittent le Mur à reculons.


Le cardo, vestige de la voie romaine nord-sud aux dalles de marbres, était bordée de portiques dont il reste quelques colonnes.








Chandelier à 7 branches, réplique de celui de l’ancien Temple











LE QUARTIER CHRETIEN


La Porte des lions
















La Via Dolorosa 
Arrivé à Jérusalem à la veille de Pâques, Jésus partage un dernier repas avec ses disciples avant d’être arrêté à Gethsémani où il est remis aux Romains ; le chemin de croix suit l’itinéraire de Jésus, depuis l’endroit où il a été jugé, jusqu’au calvaire où il fut crucifié et enseveli ; quatorze églises ou stations jalonnent ce parcours, entre la Porte des lions et l’église du Saint Sépulcre (les trajets catholique et orthodoxe diffèrent !).






Via Dolorosa 










Eglises sobres qui invitent au recueillement : Couvent franciscain de la flagellation























La Basilique du Saint Sépulcre que l’on doit à l’empereur Constantin (IV° siècle), fut reconstruite par les Croisés (XII° siècle).
Elle abrite le Tombeau du Christ, qui représente le lieu saint de tous les chrétiens : orthodoxes, catholiques, arméniens, coptes et syriens se la partagent. 






La chapelle de la Crucifixion








LE QUARTIER ARMENIEN







Cathédrale Saint Jacques









HORS LES MURS


Le mont des oliviers
















Du mont des oliviers, on a une très belle vue sur Jérusalem mais on aperçoit au loin, le mur « de sécurité » qui sépare Israël de la Cisjordanie…




Il a été de nombreuses fois parcouru par le Christ et de nombreuses églises s’égrainent le long du parcours ; nous n’en verrons que quelques-unes car certaines sont déjà fermées.






Eglise de l’Ascension











Eglise de Marie-Madeleine











Sur la colline, s’étage le cimetière juif : les personnes qui y sont enterrées seront les premières à ressusciter.










En route !









Le musée d’Israël abrite le sanctuaire du livre où sont conservés les manuscrits de la mer Morte (livres de l’Ancien Testament et récits apocryphes) ainsi que le codex d’Alep.



Découverts par un jeune berger Bédouin à Qumran au siècle dernier, ces manuscrits ont vraisemblablement été écrits par une secte juive, les Esséniens, à partir du I° siècle av. J.-C., à l’époque du Second Temple ; le plus grand est un rouleau de 8 mètres de long qui contient le livre d’Isaïe.








Maquette de Jérusalem à l’époque du Second Temple









Le marché de Mahane Yehuda est très animé ;






on y trouve les meilleurs fruits, légumes, épices du pays.









Le Mall Mamilla, à deux pas de la porte de Jaffa, nous emmène dans un autre monde; exposition d’œuvres contemporaines en rapport avec la musique.







La danse des rabbins









Jérusalem nous a beaucoup touchés et, même si on peut ressentir certaines tensions, on ne peut s’empêcher d’espérer qu’elle détient la clé d’une cohabitation entre différentes confessions ; une ronde humaine pour  la paix autour de la vieille ville est prévue demain, malheureusement, nous n’y serons plus…

A notre retour, la nouvelle tombe : les élections en Egypte sont contestées, les ports sont fermés, nous ne partons plus à Port Saïd, comme c’était prévu demain matin.
Nous serions arrivés le jour de la promulgation des résultats officiels des élections et chaque camp avait annoncé qu’il y aurait des émeutes s’il n’était pas déclaré vainqueur !

Repas d’anniversaire de Jean-Paul sur le quai et adieux à Happy Hour, notre sympathique group leader, en congé sabbatique de la Royal Navy.

Depuis quelques jours, les tirs de roquettes en provenance de Gaza (aux mains du Hamas) s’intensifient ; cette nuit, plusieurs missiles Katyusha sont détruits par les antimissiles israéliens avec un bruit d’explosion; la sirène d’alerte, stridente, retentit à plusieurs reprises (à deux heures du matin, en plein sommeil, c’est assez stressant)…